XXXIIIPersonne ne sut dans le pays que Landry y était venu. Quelqu’un qui l’aurait pu dire à Sylvinet l’aurait fait retomber dans son mal, il n’eût point pardonné à son frère d’être venu voir la Fadette et non pas lui. À deux jours de là, la petite Fadette s’habilla très proprement, car elle n’était plus sans sou ni maille, et son deuil était de belle sergette fine. Elle traversa le bourg de la Cosse, et, comme elle avait beaucoup grandi, ceux qui la virent passer ne la reconnurent pas tout d’abord. Elle avait considérablement embelli à la ville ; étant mieux nourrie et mieux abritée, elle avait pris du teint et de la chair autant qu’il convenait à son âge, et l’on ne pouvait plus la prendre pour un garçon déguisé, tant elle avait la taille belle et agréable à voir. L’amour et le bonheur


