Chapitre 7 : Les inquiétudes de Richard

1698 Mots
Quelques heures après le lever du soleil, Richard après avoir souhaité bonne journée à sa femme et à son fils, s’en alla pour voir Hendrick Nowel. Samantha O’Brien cependant, remarquait bien que quelque chose tracassait son mari -Richard, un instant, –lui dit-elle -Oui, qui y a-t-il ? J’ai oublié de prendre quelque chose ? -Non ce n’est pas de ca qu’il s’agit. Tu sais, tu peux difficilement me cacher quelque chose. Je suis une femme, plus encore ta femme, je sais percevoir les émotions, et là ce que je perçois en ce moment chez toi c’est que quelque chose te tracasse. Que se passe-t-il, c’est à propos de ce dont on a parlé hier avant de dormir ? -Ah ma chère épouse, je suis peut-être parfois comme un livre ouvert devant toi, mais cette fois ci tu te trompes. Je suis juste pressé parce que je dois voir Hendrick Nowel et que je suis déjà en retard par rapport à l’heure qu’on s’était fixée. -D’accord mon époux, si c’est cela je suis rassuré. Je ne vais donc pas te perdre plus de temps, vas à ton rendez-vous. Et Richard s’en alla. Il mentit ainsi à sa femme car il ne voulait pas qu’elle aussi commence à s’inquiéter, il était mieux qu’il garde son inquiétude pour lui ; aussi que de toute façon il se disait au fond que ce n’était qu’une supposition tout ca, il n’y avait pas de sonnette d’alarme à déclencher. Concernant Hendrick Nowel, Richard ne craignait pas que sa femme Samantha aille le voir pour s’enquérir du sujet de leur discussion, car elle ne le pouvait tout simplement pas, la tradition ne le lui aurait pas permis. En effet, il était de coutume dans le royaume des Boslov, que les femmes de la lignée royale, les femmes des princes, ou que ce soit la femme du roi, elles n’avaient pas le droit d’adresser la parole à un autre homme que leur mari, et de même aucun homme n’avait le droit d’adresser la parole à une femme de la lignée royale, ni même de s’approcher d’elle, hors-mis son mari. Il en était ainsi pour éviter tout risque de trahison, ou d’infidélité. Aussi est-il vrai que cette tradition avait été instaurée à l’époque d’un roi Boslov qui était connu pour être un homme très jaloux. Sa femme, qui était la reine, avait été séduite par son cavalier qui était chargé d’assurer ses différents déplacements dans le royaume. A la suite de cette tromperie, ce serviteur avait été banni du royaume, mais le roi aimant sa femme, il lui pardonna son infidélité. On croyait l’épisode passé, mais pourtant ce serviteur qui avait été banni du royaume Boslov alla trouver les Tchiskar et leur donna des informations qu’il avait obtenu de ses intimités avec la reine Boslov ; informations qui permirent aux Tchiskar d’attaquer les boslov, et ce fut à l’époque le déclenchement d’une nouvelle guerre. Les Boslov en étaient sortis vainqueurs et ce fut alors là que le roi Boslov de l’époque instaura cette coutume, et la reine de l’époque fut exécutée pour sa traitrise. Pour revenir à l’époque présente, Richard se rendit justement chez Hendrick Nowel, qui en réalité ne l’attendait pas. -Oh ! Prince Richard, mais je ne vous attendais pas ! Pardonnez-moi de n’être pas en condition de vous recevoir comme il se doit, si j’avais été au courant que… -Tu le dis si bien –le coupa Richard– tu n’étais pas au courant que je venais, car c’est vrai j’ai décidé à l’improviste de venir, c’est plutôt moi qui devrait m’excuser. -Certainement pas mon prince, comment pourriez-vous vous excuser auprès de moi qui suis votre sujet ? -Allez assez de formalisme Hendrick, tu sais que je n’ai jamais aimé ca. Appelle-moi Richard comme je te le demande toujours, et excuse-moi de venir chez toi sans te prévenir. Maintenant, j’ai à te parler d’un sujet qui me tient à cœur et qui me préoccupe quelque peu -Quoi donc mon prince ? Euh pardon, Richard -Je veux te parler au sujet de mon frère Karl -Oh lui… d’accord Richard, mais vas-y, entre je t’en prie, ne restons pas à la porte. Ils entrèrent et Richard s’assit dans le salon d’Hendrick. Ce n’était pas un endroit très fameux. Hendrick Nowel n’était qu’un modeste habitant. Issu de la basse-cour, sa place dans l’armée lui permettait de gagner juste le nécessaire pour vivre. Il était célibataire aussi, et sa maison était une maison faite en bois, avec une vieille moquette au salon. Le plafond était formé par des planches qui donnaient l’impression qu’à tout moment il pourrait y avoir effondrement. En maison en absence de présence féminine, l’ordre n’était pas trop au rendez-vous, et l’odeur même de la maison laissait à désirer. Toutefois, Richard ne jugeait pas les gens à leur apparence, ni à la qualité de leur demeure, alors tous ces faits cités n’étaient pas un problème pour lui. Hendrick lui apporta du vin à boire dans une corne d’éléphant, ainsi que du pain et de la viande de bœuf cuite à la veille. -Voici mon prince, ce que j’ai humblement à vous offrir -Et… C’est… extrêmement délicieux. –répondit Richard qui avait déjà farouchement engagé avec ce repas, au point de parler avec la bouche pleine. -Dites-moi donc mon prince, quel est ce sujet préoccupant qui vous emmène ? -Laisses moi je t’en prie terminer d’abord avec ce délicieux met, ensuite nous entamerons avec cette discussion Répondit Richard la bouche pleine. Il finit de manger et alors ce fut le moment d’entamer la discussion. -Déjà Hendrick, merci pour ce délicieux met de bon matin. Si je suis là comme je te l’ai dit, c’est pour parler au sujet de Karl, je sais que toi et lui, ca n’a jamais vraiment été le beau fixe -Et comment ca aurait pu l’être. Avec tout mon respect, il s’est toujours montré arrogant, supérieur et hautain depuis l’enfance, tout ton contraire, toi qui daignais nous accorder la considération qu’on accorde au moins à quelqu’un par respect. -C’est bien là le sujet que je veux aborder justement. Etant donné que tu t’es enrôlé dans l’armée et donc que tu es toujours en contact avec lui. Dans ses rapports avec des gens qui ne sont pas de la cour royale, se montre-t-il toujours hautain ou arrogant ? -Eh bien pour cela, je dois t’avouer que mon opinion est quelque peu partagée. Je dirais en fait qu’il ne l’exprime juste plus, mais que dans le fond il la ressent toujours, cette supériorité et cette suffisance. Tu sais il y’a plusieurs façons de s’exprimer, ce n’est pas juste les mots, il y’a aussi le regard, l’attitude, et dans ce sens-là je peux affirmer clairement que non, il n’a pas changé. Un premier point que Richard redoutait qui venait de se confirmer ; mais il y avait encore autre chose en plus à vérifier -Dis moi aussi Hendrick, tu te souviens du jour lorsqu’on était petits, où il t’avait dit que lorsqu’il serait roi il… A ces mots, Hendrick ne laissa même pas Richard terminer sa phrase, il se leva soudainement de colère ; visiblement ce souvenir provoquait cela en lui -Et comment je pourrais oublier ce jour ! Je savais déjà que j’étais un enfant de la basse-cour, mais je ne m’étais jamais senti aussi rabaissé et humilié que ce jour-là. D’ailleurs, pour te faire une confidence, c’est depuis ce jour-là que j’avais décidé que je m’enrôlerai aussi dans l’armée, pour lui montrer que même un enfant de la basse-cour pouvait devenir quelqu’un de respecté dans ce royaume. Quoi qu’en réalité, le côtoyant quotidiennement, je me rends bien compte que pour lui, malgré tout ce que quelqu’un de la basse-cour pourrait bien accomplir, il ne reste qu’un sujet qui mérite irrespect et condescendance. Je suis désolé Richard, je sais bien qu’on parle de ton frère, jumeau en plus, mais la vérité c’est vraiment qu’il n’est pas quelqu’un de paisible, et s’il devient roi, je n’ose même pas imaginer -à propos de la royauté justement, en fait-il souvent mention ? -Pour cela, en toute honnêteté non, je ne l’ai plus souvent entendu parler de ca. Mais dis-moi justement, qu’en sera-t-il après la mort de votre père ? -Vois-tu mon ami Hendrick, pour cela c’est le destin qui nous le dira -Vois-tu également mon ami Richard, toi tu te confies au destin pour ce qui est de ce sujet, mais en est-il vraiment de même pour ton frère ? Il ne l’exprime peut-être juste plus, mais il a grandi avec la même mentalité que dans l’enfance ; qu’est ce qui ne nous dit pas qu’il a donc grandi avec la même ambition, la même conviction qu’il sera le futur roi ? En te posant cette question tu sais, je réalise maintenant mieux la raison de ta venue, et je puis admettre que ton inquiétude est compréhensible. Cependant, nous ne faisons que supposer, peut-être pourrions-nous avoir tort, aussi vaut-il donc mieux ne pas tant tracasser ton esprit, le temps nous dira -Tu l’as bien dit mon ami richard, le temps nous dira. Merci encore de m’avoir accordé ton temps -C’est toujours un plaisir prince Richard, excellente suite de journée. Et sur ces mots, Richard prit congés d’Hendrick, avec pour conclusion finale qu’il n’avait pas à s’inquiéter pour ce sujet, qu’il laisserait le temps dévoiler les choses comme il sait le faire. Cependant, parfois le temps que nous attendons est déjà en train de nous révéler des choses et c’est nous qui refusons de le voir, l’admettre ou l’accepter, et si c’était le cas de Richard. Sur le chemin du retour, il tomba justement sur son frère Karl, et il faut le dire, on semblait percevoir dans l’atmosphère, un certain antagonisme. Karl avait l’air d’avoir été en train de chercher Richard depuis longtemps. Aussi il se précipita donc vers lui -Richard ! Ca fait un moment que je te cherche ! -Eh bien me voici, qu’y a-t-il donc pour que tu me cherches de la sorte ? -J’ai à te parler –répondit Karl. -Eh bien me voici, je t’écoute Cette discussion que les deux frères s’apprêtaient à avoir, n’allait que plus réveiller les inquiétudes de Richard.
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