IX – ISAÏ FOMITCH. — LE BAIN. — LE RÉCIT DE BAKLOUCHINE. Les fêtes de Noël approchaient. Les forçats les attendaient avec une sorte de solennité, et rien qu’à les voir, j’étais moi-même dans l’expectative de quelque chose d’extraordinaire. Quatre jours avant les fêtes, on devait nous mener au bain (de vapeur 16 ). Tout le monde se réjouissait et se préparait ; nous devions nous y rendre après le dîner ; à cette occasion, il n’y avait pas de travail dans l’après-midi. De tous les forçats, celui qui se réjouissait et se démenait le plus était bien certainement Isaï Fomitch Bumstein, le Juif, dont j’ai déjà parlé au chapitre IV de mon récit. Il aimait à s’étuver, jusqu’à en perdre connaissance ; chaque fois qu’en fouillant le tas de mes vieux souvenirs, je me souviens du bain de la p


