Point de vue de Juan...
"- Non! Non!" Je m'oppose. "- Peut-être que tu es grand, fort et que tu tues des gens sans jamais le regretter mais non! Je ne te laisserai pas la détruire, Skander!" Je répète devant le miroir de la salle de bain.
Je fixe mon reflet. J'ai beau faire parti de ce gang mais je n'ai jamais été un tueur. Je n'ai jamais supporté les injustices. Je m'en voudrai toute ma misérable vie si je laissai Safia entre les mains de Skander. Je prends mon courage à deux mains avant de rejoindre le reste du groupe. Je faine le malaise en voyant la française inconsciente sur l'épaule du bras droit de notre chef.
"- Qu'est ce qu'il s'est passé?" Je m'affole.
"- Elle a tenté de fuir." Ricane Basir en ouvrant sa bière.
"- Tu l'as frappé?" Je hurle en me tournant vers Skander.
Le russe se tourne lentement vers moi avant de me jeter son fameux regard de psychopathe. J'avoue il me fout les chocottes, mais je ne peux pas me défiler pour le cou. Je tente de soutenir son regard avant de me tourner vers Alex. Mon ami baisse lâchement la tête.
"- Tu ne peux pas faire ça! J'ai dit prems!" Je tente de l'en dissuader.
Skander ne me prête aucune attention avant de me tourner le dos. Il se dirige vers l'extérieur avec l'étrangère. Je soupire de soulagement. J'avais peur qu'il me butte pour dire vrai. Je le suis sans plus attendre tout en gardant une distance raisonnable.
"- Je ne te laisserai pas faire!" Je le menace.
"- Tu sais quoi... Si tu réussis à le mettre à terre je la libère." Lance Carter en se retenant de rire.
Skander ne prend même pas la peine de s'arrêter. Je suis malheureusement le plus faible et le plus fragile du groupe. Je ressemble à un cure-dent comparé à Skander qui est lui un tas de muscles.
Je le regarde partir avec sa nouvelle soumise. Il ouvre le coffre de sa voiture avant de la balancer à l'intérieur. Il prend même le temps de l'attacher. Mon coeur se sert de plus en plus en la voyant dans cet état. Ça se voit qu'elle a pleuré, son mascara a coulé. Elle doit être terrorisée et elle le fait bien, elle n'a pas attiré l'attention de n'importe qui. Skander a une obsession avec la souffrance et n'hésite pas à faire souffrir les plus faibles. Il a des pulsions propres à lui. Il a toujours eu le besoin de se défouler sur autrui pour éviter de faire un c*****e.
Un jour Carter avait butter la soumise de Skander sans même le prévenir. Il venait de rentrer d'une lourde mission et il avait besoin de se défouler. Il a tué six de nos coéquipiers. C'était un vrai c*****e. On ne les reconnaissait même plus. J'en fais encore des cauchemar malgré les années passées. Skander est une arme redoutable mais c'est aussi une bombe qui peut exploser à tout moment.
"- Je suis désolé Safia... si j'avais su jamais je ne t'aurai invité à danser avec moi." Je chuchote à moi même.
...
Nous sommes actuellement dans le jet privé du défunt père adoptif de Carter. Nous sommes en route pour la Colombie. Safia est encore inconsciente. Basir s'est amusé à lui faire une injection des tranquillisants pour éviter qu'elle ne revient à elle pendant le trajet.
J'espérais que les douaniers aller nous contrôler et rapatrier Safia mais pas du tout. Ils ont fait comme si elle n'existait pas. Un peu d'argent et ils font les aveugles. Je me demande combien de filles actuellement disparues ils ont laissé exporter. Toujours aussi corrompu ce monde.
Assi dans mon coin je fixe l'étrangère. Skander n'est pas loin d'elle. Il savoure son verre de vodka pure. Nos regards se rencontrent et je baisse lâchement la tête ne supportant pas son regard de tueur. Il a toujours cette expression neutre dénuée de lumière.
"- mmmm..." Gémit d'un coup Safia.
On se fige tous. Personne ne bouge. Skander se tourne vers elle assez surpris. La dose que Basir lui a administré mettrait ko un gars comme le russe pendant au moins 3 jours. Je me redresse légèrement quand elle ouvre les yeux. Elle semble assez perdue. Elle fronce les sourcils quand son regard rencontre le mien. Elle se redresse d'un coup quand Skander se met entre nous.
On se lève tous d'un coup quand elle quitte son siège. Ils ont dû la détacher pour éviter "d'éveiller les soupçons". Elle recule tentant de s'éloigner du Russe. Elle trébuche mais elle réussit à se rattraper avant d'atteindre le sol. Je me mets légèrement vers la gauche. Nos regards se rencontrent une nouvelle fois.
"- Pourquoi? Qu'est ce que je t'ai fait ?" Elle me confronte directement. "- Je pensais vraiment que t'étais une bonne personne !" Elle me hurle dessus en se mettant à pleurer. "- J'espère que tu t'amuses bien maintenant ?! C'est drôle de m'avoir foutu dans cette merde !" Elle continue en reculant.
"- Safia..." Je tente totalement désespéré mais Skander m'arrête en un geste de main.
Safia recule quand Skander fait un pas vers elle. Son dos tape contre le petit bar. Elle retient un gémissement de douleur. Plusieurs bouteilles d'alcool sont disposées sur le bar. L'étrangère en fait tomber quelques unes dont la vodka de Skander.
Les bouteilles s'éclatent contre le sol et les bouts de verres se projettent tout autour d'elle. Des taches de sang naissent au niveau de ses jambes nues. Skander s'arrête et Safia en profite pour récupérer l'une des bouteilles brisée avant de la pointer vers le bras droit.
"- Non !" Je cris.
Elle vient de signer son arrêt de mort. Skander déteste quand on braque une arme sur lui. Il passe en mode tueur directement. Safia ne cède pas et pointe la bras droit de son arme.
"- Pourquoi ? Où est ce qu'on va ? Qui êtes vous ? Et libérez moi." Elle lâche les mains tremblantes. "- J'ai l'air peut être conne. Je suis sans famille mais ne pensez pas que ma disparition passera inaperçu." Elle menace Skander.
Je sursaute légèrement quand Mia me pousse sur le côté. Les deux jeunes femmes se regardent. En une fraction de seconde mon amie se reçoit le tesson de la bouteille, par chance elle réussit à l'esquiver à temps.
"- T'es qu'une s****e!" Lui hurle dessus la française. "- Solidarité féminine de merde! J'espère qu'il t'a bien sauté!" Elle l'enchaîne. "- T'es dégoutante! Tu dois être tellement fière d'être sa chienne. Je croyais qu'entre femmes on se protéger!" Elle continue en déchargeant toute sa colère et sa peur sur Mia. "- Et dire que j'ai risqué ma p****n de vie pour te venir en aide! Et si vous pensez que Jourii ne se rendra pas compte de mon absence vous vous mettez les doigts dans les yeux! Je suis peut-être orpheline mais je suis loin d'être seule." Elle nous prévient en posant sa main sur le bar. "- Vous êtes des malades!" Elle explose en prenant une bouteille encore fermée.
Skander tente de la retenir mais elle explose la bouteille contre le bar. Je retiens un crie de surprise en voyant du sang couler le long de sa main. Elle pleure en pointant le tesson vers Skander. Elle tremble comme une feuille en automne. J'ai l'impression qu'elle ne ressent même pas la douleur au vu de sa non réaction. Skander lève la main prêt à la désarmer.
"- Non! Ne vous approchez pas de moi!" Elle le stoppe.
Basir qui était dans la cabine des pilotes nous rejoint discrètement. Il est actuellement derrière Safia. La jeune femme ne se rend même pas de sa présence. L'étrangère continue de reculer tout en contournant le bar. Elle laisse brusquement tomber le bout de verre quand son dos tape contre le torse du malaisien.
"- Calme ma belle." Lui souffle Basir en glissant sa main sur son cou avant de lui pencher la tête sur le côté.
"- ... Je... pitié... je veux rentrer chez moi." Elle sanglote entre ses mains.
"- Ça va aller..." Il chuchote avant de sortir une seringue de sa poche avant de lui injecter un calment au niveau de son cou.
"- wooow... pourquoi... est ce que la terre tourne...?" Elle réussit à dire avant de tomber dans les vapes.
Basir la rattrape avant qu'elle ne touche le sol. Il la porte comme une princesse avant de l'installer sur l'un des sièges. Joy récupère la trousse de secours avant de s'occuper de la main de notre "otage".
"- Mignonne la nouvelle." Souffle Basir en s'installant à côté de la prisonnière de Skander. "- J'aimerai bien jouer avec elle moi aussi." Il lance dans un ton pervers.
"- Non. Celle là personne ne la touche." Le calme le Russe.
Je vous dis pas comment on a tous haussé les sourcils. Skander à toujours laisser les autres profiter de ses soumises. Le bras droit lance un regard au malaisien. Sans plus attendre Basir se lève et change de place avant que Skander ne prenne sa place. Je me remets à ma place.
"- Bizarre..." Chuchote Alex. "- Je pensais qu'il allait la frapper." Il me confie dans un murmure.
J'avoue Skander n'est pas du genre à se retenir et encore moins quand on tente de l'attaquer où qu'on le menace. Il a même laissé Joy soigner sa nouvelle soumise. Peut-être qu'il va la traiter différemment des autres qui sait?
...
Colombie, Bogota...
39 C°
J'ai eu totalement faux. Il l'a littéralement foutu dans une cave. Il n'a jamais enfermé l'une de ses soumises à la cave, même la plus chiante d'entre elles. Ça fait déjà deux jours qu'elle est coincée dans cette cave, j'ai essayé de rentrer en contacte avec elle pour l'aider mais c'est impossible.
Skander a demandé à ses sous-fifres de monter la garde pour éviter qu'on communique avec elle. Il faut que je trouve une excuse pour aller voir si elle va bien et si il la nourrit. J'espère qu'il ne va pas la laisser mourir de faim ou de soif, en plus il fait vraiment chaud ici.
Actuellement dans la chambre de Skander je fouille dans les affaires de Safia. Il a eu la brillante idée de récupérer toutes ses affaires dont son passeport. Je tente de mettre la main sur ses papiers au cas où si elle réussit à fuir. Je pourrais lui fournir en toute discrétion.
"- Tu crois vraiment que tu peux me doubler?" J'entends Skander derrière moi.
"- Skander?" Je crie dans un sursaut non contrôlé. "- Hein? Non je cherchais juste son tel... pour éviter qu'on la géolocalise.." Je mens.
Je me retourne face à lui. J'arrête tout mouvement en voyant son regard. Il est vide. De toute façon ce mec est mort à l'intérieur, en plus depuis son divorce c'est pire. Je me demande encore comment il a fait pour se trouver une femme et la marier. Il fait beaucoup trop peur. C'est le stéréotype même du psychopathe dans les films d'horreurs. J'ai l'impression qu'il n'a plus d'âme et pas une once d'humanité en lui.
"- Dégage." Il ne me laisse pas le choix.
Je baisse la tête avant de me diriger vers la sortie d'un pas rapide. Je faine le malaise quand il lève son bras. Je déteste quand il fait ce genre de feinte pour me faire peur. Je m'excuse avant de quitter sa chambre et de retourner dans la mienne. Il faut que je la sorte d'ici.