XIX Je suis dans les meilleurs termes avec mon préfet. Comment ai-je fait sa conquête, ce serait trop long à raconter. Le certain, c’est qu’il a pour moi beaucoup d’amitié ; je lui plais, je l’amuse et lui rends des services. C’est, l’homme le plus paresseux de la terre et en même temps le plus ambitieux ; il n’a le courage de rien faire lui-même, et il a l’amour-propre de ne rien laisser faire aux autres, j’entends à ceux oui pourraient lui prendre une part d’autorité. C’est moi qui lis son courrier : je lui résume chaque lettre, je marque au crayon rouge ce qu’il faut absolument qu’il lise, et quand en deux mots il m’a indiqué la réponse, car il a l’esprit vif et sûr, je suis chargé de la rédiger. Par là, il se réserve presque toutes les affaires importantes et il annihile son secrétair


