XVII Lorsqu’on est heureux en amour, on commet peu d’imprudences : au contraire, lorsqu’on est malheureux, on agit par coups de tête, par boutades on entasse sottise sur sottise, on se risque à chaque instant et l’on se perd : c’est ainsi que je me suis compromis auprès de M. Obernin. À la fin, mes extravagances de conduite ont achevé ce que les médisances charitables avaient commencé ; sa jalousie s’est éveillée. Comment ? À quel moment ? Dans quelles conditions ? Je n’en sais trop rien, car il est d’une nature peu expansive, et, en tout cas, j’aurais été le denier auquel il eût laissé voir ses soupçons. La façon dont je fus averti de cette jalousie est, je crois, assez caractéristique, et d’ailleurs, par les tortures qu’elle me causa, elle doit trouver place ici. Le sujet inépuisable


