VII Trois ans environ après cette catastrophe, la princesse Veneranda était seule un matin dans la villa de Torcello, sans filleule, sans sigisbé, sans autre société pour le moment que son petit chien, sa soubrette et un vieil abbé qui lui faisait encore de temps en temps un madrigal ou un acrostiche. Elle était assise devant une superbe glace de Murano, et surveillait l’édifice savant que son coiffeur lui élevait sur la tête avec autant de soin et d’intérêt qu’aux plus beaux jours de sa jeunesse. C’était toujours la même femme, pas beaucoup plus laide, guère plus ridicule, aussi vide d’idées et de sentiments que par le passé. Elle avait conservé le goût fantasque qui présidait à sa parure et qui caractérise les femmes grecques lorsqu’elles sont dépaysées, et qu’elles veulent entasser sur
Scanner le code QR pour télécharger afin de lire gratuitement d'innombrables histoires et des livres mis à jour quotidiennement



