X Un peintre devenu amoureux du portrait d’une fille qu’il avait tirée après le vif PHILOPINAX À CHROMATION J’ai peint une belle fille, et puis je suis devenu amoureux de ce portrait. C’est mon art, et non le dard de Vénus qui m’a enfanté cet amour. C’est ma propre main qui m’a blessé, misérable que je suis ! encore ne suis-je pas mauvais peintre. Car jamais je n’eusse été épris d’une laide image. Mais maintenant autant que l’on admire mon art, autant prend-on compassion de mon amour ; car je ne serai pas estimé moins malheureux amoureux qu’excellent ouvrier. Hélas ! que me servent ces plaintes ? Et pourquoi accusé-je ma main ? J’ai vu en des tableaux Phèdre, Narcisse, Pasiphaé. Toujours le fils de l’Amazone n’était auprès de Phèdre. La fureur de l’autre était totalement dénaturée. Quan


