Chapter 76

350 Mots

XIII Excuse d’une courtisane à son ami qui la dédaigne CHÉLIDONION À PHILONIS Pour néant tu me dédaignes, mon cœur, en vain estimes-tu que j’ai été éprise d’autre amour que la tienne. Ainsi Vénus me soit propice, depuis que tu t’en es allé, j’ai toujours gardé constamment en mon âme la souvenance de notre amour, bien qu’en t’enfuyant à Mégare, tu me laissas endormie. Mais étant éveillée, je criais à tout par moi : Ce n’est point-là Philonide, c’est un Thésée. Toutes les femmes m’appellent Ariane, par ainsi tu es mon Thésée, mais il n’est point au monde de Bacchus. Les oreilles te doivent bien tinter, car souvent je te nomme parmi mes larmes. Eh ! que si tu savais ce que je dis de toi la nuit, que je passe sans fermer l’œil, et comment je cache entre mes tétins mêmes tes lettres, nomméme

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