XXII La ruse d’une dariolette LUCIAN À ALCIPHRON Glycère aimait Charisie et l’aime encore à présent, mais ne pouvant supporter son orgueil, tu connais le jeûné homme, tu connais ses humeurs, à peu près que cet amour s’est tourné en haine. Vouloir aimer était cause de la haine, haïr à mort était cause de l’amour. Mais elle, ayant communiqué de son fait avec Doris, qui était sa servante et sa dariole, estimant que c’était assez consulté pour l’heure, la dariole sort, comme songeant à quelque autre dessein. Charisie la rencontre de fortune. « Et Dieu te garde, dit-il, ma bonne amie. – Ouais, répond-elle, et d’où nous vient ce bonjour ? » Le jeune homme réplique : « Que t’est-il donc arrivé de nouveau en ceci ? » La dariole repart, faisant semblant de pleurer amèrement : « Voilà, dit-elle,


