XXIV Une courtisane préfère l’un de ses favoris à tous les autres MUSARION À SON GRAND AMI LYSIAS Il n’y a pas longtemps que les principaux, les plus huppés de mes serviteurs s’assemblèrent un soir chez moi ; d’entrée ils ne sonnaient mot et s’entrepoussaient du coude l’un l’autre à qui me ferait la harangue qu’ils avaient combinée entre eux d’un commun consentement. À la fin, le plus hardi de tous, contrefaisant le prêcheur, mais en effet ton jaloux, s’aventura de me faire ces plaintes : « Quoique tu passes en beauté toutes les autres dames, ce néanmoins tu ne fais point si bien ta bourse comme elles, car pouvant tirer beaucoup d’argent de nous, que tu méprises, tu abandonnes ta jeunesse en toute faveur à un seul Lysias, qui, toutefois, n’est aucunement beau. Que si ainsi était, vraime


