Bizarreries de l’Amour Mercure, Apollon. MERCURE Que ce Vulcain, boiteux comme il est, et n’exerçant qu’un art mécanique, ait épousé ce qu’il y a de plus beau, Vénus et Aglaé, cela se conçoit-il, Apollon ? APOLLON C’est une faveur du destin, Mercure. Pour moi, ce qui m’étonne le plus, c’est qu’elles se résignent à coucher avec lui, surtout lorsqu’elles le voient dégouttant de sueur, courbé sur sa forge et le visage enfumé. Cependant, en cet état, elles l’embrassent, elles le caressent, elles dorment dans ses bras. MERCURE Voilà ce qui m’indigne, j’envie le sort de ce Vulcain. Prends donc soin de ta chevelure, Apollon, joue de la cithare, vante ta beauté, moi mon éloquence et ma lyre ; puis, quand il faudra nous coucher, nous serons réduits à dormir seuls. APOLLON Pour moi, je suis


