XVII Un ruffian prie importunément une honnête femme de son déshonneur ÉPIMÉNIDE À ARGINOTE Vous me remontrez courtoisement, madame, et votre parler ressent aucunement sa pitié. Car vous m’allez disant : « Eh quoi, monsieur, me serez-vous toujours importun ? Voulez-vous point me donner patience ? Je suis mariée, laissez-moi pour telle que je suis, sans tâcher ainsi à me déshonorer ; passez votre chemin, de peur que mon mari ne survienne ; je serais fâchée qu’un si honnête homme eût du mal à mon occasion. » Mais, madame, en me faisant ces remontrances, vous montrez, par vos propos, que vous n’avez jamais aimé, que vous n’avez jamais vu amoureux, car vous parlez en femme non pratique en l’amour ; un vrai amant n’est nullement honteux, non pas même quand il faudrait recevoir des affronts.


