Toronto, Ontario, Canada
Myréna Fenty
Je prends une grande inspiration alors que je regarde ma propre reflet dans le miroir de l'hôtel. La bague de ma sœur brille maintenant à mon doigt. Un éclat métallique et chaleureux qui me rappelle à quel point notre relation est complexe et chargée de mystères. Myléna a laissé des instructions détaillées pour mon séjour chez elle et a quitté l'hôtel.
Je me demande ce qu'elle pourrait être en train de faire en ce moment, alors que moi, je suis sur le point de prendre sa place. Il est étrange de penser que je vais entrer dans sa vie, avec ses responsabilités, ses obligations et ses relations, alors qu'elle est simplement partie sans laisser de trace.
Je pars au parking chercher sa voiture afin de me rendre au domicile de Myléna, mes pensées tourbillonnant dans ma tête. L’idée de remplacer ma sœur me fait sentir à la fois puissante et vulnérable. J'espère juste que je serai à la hauteur. Et que je ne vais pas foutre en l'air son mariage qui m'a l'air bien fragile.
J'arrive à la maison de ma sœur au bout d'une heure de route. Elle et moi on a échangé nos papiers d'identité à l'hôtel. Je me gare, souffle un bon coup et réajuste la bague à mon doigt avant de quitter la voiture.
Les lumières allumées indiquent que tout est en ordre. Je pousse la porte d'entrée, un mélange d'appréhension et de détermination dans le cœur. J'entre doucement, me préparant à endosser un rôle qui n'est pas le mien mais qui, pour l'instant, me semble inévitable. A pas de velours, je marche dans la maison comme si j'avais peur de faire du mal au sol si j'y tape plus fort. Je n'en reviens pas de ce que je m'apprête à faire. C'est de la folie. Myléna a le don de m'embarquer dans ses bêtises. Et comme toujours je la suis tête baissée.
- Dans quoi je m'embarque même ? Myléna, tu me dois une fleur. Ce sera cher payé. Je te jure, murmuré-je.
Quelques minutes dans cette maison, et j'ai été tout de suite captivée par une chose. La maison est magnifique. L'intérieur est splendide. Je reconnais bien là les touches de ma sœur dans la décoration. Tout est minutieusement fait avec extravagance en matière de meuble et de peinture. Myléna a toujours aimé tout ce qui est tape à l'œil. Quoiqu'elle touche, elle y laisse son empreinte. C'est très cosy. Le gris associé au jaune poussin utilisés pour le salon donne un ensemble très harmonieux qui t'accroche à première vue. Le genre d'endroit où tu viens et dont tu ne veuilles plus bouger de là après.
Franchement, je suis subjuguée par tant de beauté. Ce n'est pas comme le petit appartement de deux pièces que j'utilise à New York et que j'appelle "chez moi". Avec un mari PDG d'une joaillerie, Myléna a les moyens de sa politique. Qui peut rivaliser avec elle ? Pas moi en tout cas.
Mon regard se balade de partout en admiration des lieux. Absorbée par la magéstuosité, la somptuosité de l'habitacle, je regardais à peine où je mettais les pieds en marchant. J'ai failli me ramasser au sol. Heureusement que j'ai été retenue par une paire de bras qui m'a empêchée de me donner en ridicule.
- Tu regardais quoi comme ça mon amour ? M'acceuille son mari sui, d'après les dires de ma sœur ne devrait pas être là.
- Euh... Bonsoir ! Je souris timidement car j'ai été prise par surprise.
C'est la première chose qui m'est venue à l'esprit. Alors, je n'ai pas cherché à bloquer les mots avant leur sortie. Je ne m'attendais pas à rencontrer Reynaldo de si tôt. Myléna m'avait assurée qu'il était en voyage et qu'il ne rentrait que demain.
- Tu vas me le payer Mylé, je maudis ma sœur intérieurement de me mettre dans un tel embarras.
- Tu vas bien Myléna ? Il s'inquiète.
- Oui, oui ! Je sécoue la tête bêtement.
Il revient vers moi, touche mon visage et raproche le sien. Sachant d'avance ce qu'il s'apprête à faire je le coutourne précipitamment et pose un bisou sur sa joue. Je me précipite par la suite vers l'escalier. C'est le mari de ma sœur. Et il est hors de question que je l'embrasse sur la bouche.
Pourvu que cette semaine passe super vite et qu'on n'ait pas besoin d'être intime pendant ce temps là.
- Elle n'est pas dans sa chambre papa, dit Logan qui déboule les marches comme s'il y avait la course alors que je montais.
Mon regard accroche le sien, je déglutis. Je crois que je l'ai reconnu car il est dans la maison. Sinon, si c'était ailleurs, sa tête ne m'aurait rien dit. Nos regards s'accrochent assez longtemps... ou du moins, c'est mon regard qui accroche le sien. Je n'en sais rien. Il fait plus grand en vrai. Sa peau est moins bronzée que sur les photos que de face. Ses yeux sont d'un naturel... Il a ce petit truc qui attire l'attention tout bonnement. Il est... bref ! Il est tout simplement différent. Mieux, je me tais.
- Evite de te focaliser sur ses genres de choses, je me reprimande.
- Quoi ?
- Rien.
Je fermai les yeux et inspire profondément afin de me reprendre.
- Bonsoir Myléna ! Il me salue simplement avant de reconcentrer son attention sur son père.
Mon cœur s'emballe au son naturellement rauque de sa voix avant de me souvenir qu'il croit saluer ma sœur à cet instant. Qu'importe ! Cette semaine je suis Myléna et elle est moi. Il me faut l'intégrer. Ne sachant pas quelle relation il y a entre ses beaux fils et elle, je me contente juste d'un sourire figé. Elle m'avait tout simplement parler d'Alice qui est une petite peste et des parents de Reynaldo qui sont snobes et suffisants.
Je suppose que comme les garçons ont leur propre appartement, ils viennent rarement ici. Alors il n'y a pas vraiment de problème avec eux. Pourtant, j'aurais parié que Logan me devisageait à l'instant même. Et je n'aime pas du tout ce que je lis dans son regard.
- Alice n'est pas dans sa chambre, il informe de nouveau son père qui semble n'avoir pas entendu la première fois.
- Elle est surement avec ses copines... encore.
Reynaldo soupire.
- Tu sais comment est ta sœur. Cela m'aurait étonné de la croiser à cette heure à la maison. Cette fille a un problème avec sa propre demeure.
- Dommage ! J'avais réservé ma journée pour elle. Elle était au courant. C'est elle qui avait demandé en plus, dit Logan d'une mine triste.
- Ben, tu peux rester dîner avec nous alors, lui propose Reynaldo sans même me consulter. Alice ne va pas rentrer de si tôt. Tu pourras l'attendre ensuite si tu y tiens.
- Mais non. Je termine de dîner et je rentre.
Tout en s'adressant à son père, il me scrute. C'est comme s'il tentait de me percer à jour. Alors, laissant père et fils discuter entre eux, je monte là haut en faisant dans ma tête une petite prière espérant ne pas me tromper de chambre.
Avec 8 chambres à coucher qui se ressemblent presque tous, c'est vite arrivé. Il n'y a que 3 personne qui vivent encore ici d'après ma sœur. Dont une chambre commune pour ma sœur et son mari. Alors je comprends mal l'idée derrière ces 8 chambres. Les choses des gens trop riches.
- Pfffffffff ! Je me laisse choir dans le lit après avoir réussi à trouver la chambre. Cela va être beaucoup plus difficile que ce que ma sœur avait prévu. Elle aurait du me prévenir du danger ambulant qu'est son beau fils.
Les yeux fermés, j'effectue des mouvements respiratoires pour compenser le fait que je sois en stress en ce moment. Fatiguée, le sommeil a eu raison de moi très facilement. Je somnolais quand j'ai entendu toquer à ma porte. Je me lève d'un bond entre sommeil et reveil pour aller ouvrir.
- Qu'y a t'il ? Je demande à Logan qui se retrouve en ce moment même debout devant ma porte.
- Papa m'envoie te chercher pour le dîner. Tu mettais trop de temps à descendre. Il s'impatiente.
- Et toi ?
- Et bien, je...
Il déglutit.
- Une femme a besoin de temps pour se faire belle.
Je lui souris.
- D'accord. J'arrive.
J'ai fini de parler. Pourtant, il reste scotché en place et me fixe. Son regard sur moi est intense. Pendant un cours instant, j'ai eu l'impression qu'il matait mes lèvres et j'ai pensé au pire. Logan et ma sœur ? Ils ont frico... Non ! Myléna aura beau adoré jouer avec le feu, mais, elle ne se prêterait pas à ce truc tordu. C'est quand même le fils de son mari... Ajouté à cela qu'il a 3 ans de moins qu'elle. Pourquoi se mettrait elle à sortir avec un gamin de 27 ans ? Je chasse ses trucs sordides de mes pensées et me retourne pour rentrer.
- Myléna ! L'entendis je m'appeler.
- Quoi encore ? Je hurle.
- Rien... juste... Je te trouve... changée. Tu as quelques chose d'inhabituelle dans le regard. Ou peut être est-ce moi ?
Je croise mes bras contre mon buste. Ce qui fait soulever celui ci.
- Sérieux... Tu... Tu as l'air...
Troublé, il déglutit.
- Tu... tu as fait quoi de tes cheveux ? Habituellement tu aimes en sauter les pointes, il me fixe en plissant les yeux. Mais là... t'es cheveux sont fourchus. A la limite négligés.
Serieux ! Il regarde ma sœur tant que ça ? C'est quoi son intérêt dans tous ça ? Franchement, c'est louche comme situation. Cela a eu le don de me refroidir direct. S'il y a déjà eu quelques choses avec ma sœur, mieux je me tiens à l’écart.
- Le souci est quoi ? Je ne peux pas changer pour une fois ? Je repond une pointe d'irritation dans la voix.
- Je n'ai pas dis ça. Juste que... Laisse. On t'attend en bas, dit il mal à l'aise.
- Bien ! Je me retire. Je prends d'abord une douche. Vous pourez m'attendre entre temps ?
- Bien sur. Prends ton temps surtout.
- Mais bien sur que oui, je m'agace.
Un saut rapide à la douche, j'ai voulu me rhabiller en vitesse afin de ne pas trop les faire attendre. Avec Léna on partage le même goût en matière de mode. Alors cela ne devrait pas être difficile de trouver quoi porter je me dis un premier temps. Mais à voir ses vêtements... Je corrige ce que j'ai dit tantôt. En matière de vêtements, Myléna et moi, ce n'est plus la même cours. Je me rend compte du niveau de la bêtise que je m'apprête à commettre.
- Qu’est-ce que je croyais ? Léna est mariée, donc elle peut se permettre ce genre de tenues pour son mari. Mais sérieusement, ces vêtements… Ça ne cache presque rien. Est-il normal qu’elle reçoive des gens en portant de telles choses ? Pas étonnant que son mari soit si jaloux avec une exposition pareille de son corps.
Après plus de 30 minutes à essayer de trouver une tenue décente, je finis par choisir quelque chose qui me semble approprié, même si je suis consciente que ce n’est pas ce que je porterais normalement. La situation est d’autant plus délicate avec deux inconnus dans la pièce, l’un étant censé être mon mari et l’autre, un homme qui ne cesse de me dévorer des yeux depuis mon arrivée. Je sens que cette semaine s’annonce compliquée.
En descendant pour le dîner, je remarque que les yeux de Logan ne me quittent pas. Je pourrais parier que c'est du désir que je perçois dans son regard. Reynaldo, de son côté, se lève pour me tirer la chaise, me donne un b****r chaste sur les lèvres. Je m'asseois à table avec eux. Le dîner promet d’être tout sauf ordinaire. Je me demande dans quoi je me suis embarquée.
- Ça m'apprendra à dire oui à ma sœur pour tout et n'importe quoi, pensais-je.
Pensant s'adresser à ma sœur, Logan me complimente pour ma beauté. Je suis gênée par ses mots. D'autant plus par la manière dont son fils me reluque alors que Reynaldo d
éclarait à la substitut de sa femme à quel point il est heureux qu'elle fasse partie de sa vie.