Dès la tombée de la nuit, une autre vie commence. À la pluie et au froid s’ajoute l’angoisse des combats. Pour galvaniser le moral des troupes, on ne lésine pas sur le vin. C’est d’ailleurs, en partie, ce qui perdra Gustave. Dès qu’une opportunité se présente, entre deux salves de mitraille, il faut sortir du trou à rats qui sent la pisse et les excréments. Gagner du terrain sur les Fridolins, à tout prix. Ventre à terre, rampant sur le sol sous un feu d’artifice quasi permanent, il faut avancer. L’air n’est pas toujours plus pur… Quand les périodes d’hostilités sont longues, chaque camp n’a pas le loisir de ramasser ses morts qui pourrissent sur place. Une nuit de février 1916, après une semaine de combats harassants, les troupes sont exténuées. Elles n’ont pas été relevées depuis plus d


