Chapitre 40 Aaron Il est tard dans la nuit. La lune transperce les nuages obscurs de la nuit, me provoquant un peu plus à chaque fois que je cligne des paupières. La tête appuyée contre les barreaux, les mains qui les enserrent, je ne lâche pas l’astre lunaire des yeux, subjugué, pour la première fois. Pour la première fois de mon existence, alors que je vis ma dernière nuit, je me contente d’observer la lune, les larmes aux yeux. Cette nuit n’a rien des autres. Sa dimension en est différente, en est plus puissante. Comme chaque nuitée avant une exécution, les lumières se sont tamisées, rendant le couloir de la mort plus ténébreux qu’il ne l’est. Sauf que cette nuit, les lampes sont tamisées pour moi. Il ne s’agit pas d’un détenu dont je n’aime pas la gueule, il ne s’agit pas d’un


