Chapitre 51 Amyliana Les trottoirs devant la prison ne désemplissent pas ; ils sont noirs de monde. L’ambiance est nerveuse, gueulante, étouffante de stress. Les émeutes ne pardonnent pas. Elle sont redoutables ; Blessantes ; Percutantes : Écrasantes ; Meurtrières. Malgré la peur qui nous tiraille, malgré les injonctions que nous ordonnent les agents de sécurité dans des cris insoutenables, peu d’entre nous ne bougent, peu partent. La frousse de perdre un de nos proches nous donne la force de lutter, de ne pas obéir, de ne plus penser à notre propre sécurité. Et pourtant, Mary ne cesse de me tirer le bras, de m’implorer pour que nous partions, me hurle que la situation devient dangereuse. Mais je m’en fous du danger. Je m’en fous de savoir qu’elle est morte de trouille et que


