Dans un pays ou l’alcool fort est omniprésent, il est difficile de faire la part du réel et de l’imaginaire. Quoi qu’il en soit, Paul avait fait des progrès dans la langue de Shakespeare et appris un grand nombre de jurons en gaëlique. A son retour, Paul reprit son activité de lecture qui commençait à lui laisser dans le gosier, un goût plus amer que l’exécrable café servi avec les journaux par sa secrétaire: il n’était jamais question de bonnes nouvelles mais de comptabilité macabre. Deux mille morts à Téhéran, deux mille cinq cent vietnamiens dérivants dans l’enfer d’un boat people, neuf cent cadavres dans le Temple du Peuple au Guyana et tout à l’avenant. Paul prenait conscience de la folie récurrente de l’Homme. Après réflexion, il décida de ne pas renouveler ses abonnements, préféran


