– Vous savez que décidément nous allons avoir la guerre… Je suis très ennuyée, j’ai deux cousins qui partiront. Elle montait ainsi au retour de ses courses à travers Paris, animée par toute une après-midi de bavardage, apportant le tourbillon de ses longues jupes dans cette chambre recueillie de malade ; et elle avait beau baisser la voix, prendre des mines apitoyées, sa jolie indifférence perçait, on la voyait heureuse et triomphante d’être elle-même en bonne santé. Hélène, abattue devant elle, souffrait d’une angoisse jalouse. – Madame, murmura Jeanne un soir, pourquoi Lucien ne vient-il pas jouer ? Juliette, un moment embarrassée, se contenta de sourire. – Est-ce qu’il est malade, lui aussi ? reprit la petite. – Non, ma chérie, il n’est pas malade… Il est au collège. Et, comme Hél


