VIIEn s’acheminant, le lundi suivant, vers la demeure du maharajah, Manon ne pouvait s’empêcher de songer avec quelque regret que cette leçon serait la dernière. Cette charmante princesse Ahélya lui inspirait une compatissante affection. Elle la devinait très mélancolique, tant à cause de sa santé que de l’existence demi-cloîtrée qui était la sienne, parmi ses femmes, avec, pour compagne, Sâti, qu’elle n’aimait pas. Ce dernier sentiment, elle l’avait confié à Manon, le jeudi précédent. La belle Hindoue, souffrante, ne se trouvait pas là. Ahélya avait dit, avec une naïve sincérité : – Elle ne me manque guère ! Son caractère ne m’inspire pas confiance, et je la crois fausse et vindicative. Cette opinion était aussi celle de Manon, qui avait plusieurs fois surpris au passage le coup d’œil


