Svidrigaïloff se leva. Il avait recouvré en partie son sang-froid. Un sourire amèrement moqueur errait sur ses lèvres encore tremblantes. – Il n’y a personne ici, dit-il lentement ; ma logeuse est sortie, et vous avez tort de crier de la sorte ; vous vous donnez là une peine bien inutile. – Où est la clef ? Ouvre la porte tout de suite, tout de suite, homme bas ! – J’ai perdu la clef, je ne puis pas la trouver. – Ah ! ainsi, c’est un guet-apens ! vociféra Dounia, pâle comme la mort, et elle s’élança dans un coin, où elle se barricada en plaçant devant elle une petite table que le hasard mit sous sa main. Puis elle se tut, mais sans cesser de tenir les yeux fixés sur son ennemi, dont elle surveillait les moindres mouvements. Debout, en face d’elle, à l’autre extrémité de la chambre, Svi


