Raskolnikoff gardait le silence ; pâle et immobile, il continuait à observer le visage de Porphyre avec un pénible effort d’attention. « La leçon est bonne ! » pensait-il, terrifié. « Ce n’est même plus, comme hier, le chat jouant avec la souris. Sans doute il ne me parle pas ainsi pour le seul plaisir de me montrer sa force, il est bien trop intelligent pour cela… Il doit avoir un autre but, quel est-il ? Va donc, mon ami, tout ce que tu en dis, c’est pour m’effrayer ! Tu n’as pas de preuves, et l’homme d’hier n’existe pas ! Tu veux tout bonnement me dérouter, tu veux me mettre en colère et frapper le grand coup, quand tu me verras dans cet état ; seulement tu te trompes, tu en seras pour tes peines ! Mais pourquoi parle-t-il ainsi à mots couverts ?… Il spécule sur l’agacement de mon sys


