VIILa nuit commençait à tomber quand il arriva chez Sonia. Pendant toute la journée la jeune fille l’avait attendu avec anxiété. Dès le matin, elle avait reçu la visite de Dounia. Celle-ci était allée la voir, ayant appris la veille, par Svidrigaïloff, que Sophie Séménovna « savait cela ». Nous ne rapporterons pas en détail la conversation des deux femmes : bornons-nous à dire qu’elles pleurèrent ensemble et se lièrent d’une étroite amitié. De cette entrevue Dounia emporta du moins la consolation de penser que son frère ne serait pas seul : c’était Sonia qui la première avait reçu sa confession, c’était à elle qu’il s’était adressé lorsqu’il avait senti le besoin de se confier à un être humain ; elle l’accompagnerait en quelque lieu que la destinée l’envoyât. Sans avoir fait de questions à


