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1753 Mots
Mackenzie  — Alpha ? l’interpelé-je. — Tu as de la visite, ma fille, dit-il en appuyant sur les derniers mots pour me signifier son soutien. Je reste deux pas en arrière et il se décale juste sur le côté, laissant Brett apparaître dans mon champ de vision. Je dois admettre qu’il est toujours aussi beau, j’ai soudain terriblement envie de me blottir dans ses bras, mais je me force à ne pas bouger et décide d’attaquer la première. — Qu’est-ce que tu veux, Brett ? demandé-je sèchement. — Te parler, annonce-t-il en me détaillant de la tête aux pieds sans discrétion. — De quoi voudrais-tu parler qui nécessite une visite ? Ça ne t’a pas paru si important ces dix-huit derniers mois… — Je veux m’excuser, me rattraper… Nathan grogne fortement derrière moi, obligeant Brett à lever les yeux. — Qu’est-ce qui te prend, Nate ! lui lance Brett, agacé. — Tu oses demander ? tonne Nate qui boue de colère. — Tu lui as dit ? Brett est maintenant énervé. — Je n’ai pas eu besoin, espèce d’abruti ! Il a fait le calcul tout seul ! crié-je. Après ça, Jace a compris et il a bien fallu que j’explique à Aurel tout ce merdier, et c’était il y a à peine une heure ! continué-je. Je refuse de me laisser marcher dessus, tout ça, c’est fini, même si ça doit me tuer. — Et je t’interdis de te positionner en victime, parce que c’est toi qui as voulu jouer au con ! Comment, au nom de la déesse, crois-tu que ce soit rattrapable ! Une part de lui persiste dans sa colère, alors que l’autre partie, celle que j’ai aimée, se manifeste doucement avec des regrets. — À quel p****n de moment tu t’es dit que tu pouvais retourner auprès d’une autre fille après t’être accouplé avec ta compagne, et ce, en toute impunité ? craché-je, blessée et les yeux larmoyants. Brett pâlit et j’entends le téléphone de Nate sonner. — Tu pensais peut-être que tes meilleurs amis allaient te couvrir ? Eh bien, j’ai un scoop pour toi, ce sont aussi les miens ! — Mac, ce n’est pas… — Bon alors, tu l’as trouvée ? s’exclame une fille qui apparaît derrière lui. Salut, moi, c’est Shanna ! s’exclame-t-elle joyeusement en s’approchant, main tendue. — Non, mais t’es sérieux ? éclate Nate en passant devant moi. C’est comme ça que tu penses la récupérer ? En lui présentant ta meuf ? — Libère-moi, Brett, s’il te plaît, supplié-je. C’est en parlant que je me rends compte que les vannes se sont ouvertes. — Mackenzie, Shanna… — Je me fous complètement de qui elle est. Libère-moi de ce lien qui m’étouffe. Laisse-moi tranquille. — Non ! dit-il en poussant Nate pour me surplomber. Je suis un crétin doublé d’un enfoiré, je l’admets, mais je veux changer ça… — Tu m’as laissé crever seule comme un rat au fond d’un caniveau ! Tu avais tellement honte de moi que tu m’as interdit d’en parler, et j’ai obéi tout ce temps à cause de ce foutu lien que j’estimais trop précieux. Pensant que t’avais juste besoin d’un peu de temps. J’ai survécu et surmonté la dépression grâce à Nate. Il était ton ami, tu connaissais ses sentiments pour moi et tu n’as même pas eu la décence de lui avouer la vérité ! — Tu l’aimes ? demande-t-il, craintif. — Oui ! réponds-je avec virulence. C’est comme si je l’avais giflé. Il recule légèrement sous l’effet du choc qui envahit ses traits. — Qu’est-ce que tu espérais, p****n ? Un an et demi, Brett ! Tu m’as ignoré pendant un an et demi ! Notre lien ne tient plus qu’à un fil, et s’il lâche avant que tu me libères, j’en mourrai, littéralement. Tu comprends ça ? — Laisse-moi te prouver que je peux me racheter. Si à la fin de l’été tu n’es pas convaincu, je te libérerai. Je te le promets, supplie-t-il les yeux humides en encadrant mon visage de ses mains. Je me hais de penser ça, mais son toucher est comme une bouffée d’air frais en pleine canicule. — Es-tu conscient que tu me demandes de t’accorder une seconde chance alors que tu as amené ta petite amie ? C’est elle ou c’est moi qui tiens la chandelle dans ton esprit tordu ? — Shanna n’est pas ma petite amie, grogne-t-il, frustré. — Mais je l’ai été. — Ta gueule, Shanna ! râle-t-il en la fusillant du regard. — Ce n’est vraiment pas en ta faveur quand même. — Réfléchis-y, s’il te plaît, murmure-t-il en appuyant son front contre le mien. Je sais que j’ai merdé et que je ne te mérite pas, mais laisse-moi te prouver que je peux tout réparer. Mon corps et ma tête ne sont clairement plus en accord l’un avec l’autre. Il pose un b****r rapide sur mes lèvres et s’en va comme un coup de vent, Shanna sur les talons. Je reste planté là, hébétée, frustrée et en colère, avec encore la sensation de ses lèvres sur les miennes. Nate m’enlace et enfouit son nez dans mon cou. — J’ai peur, me dit-il. — Moi aussi, avoué-je. Je ne sais pas combien de temps nous restons ainsi. C’est Luna Béatrice qui nous sort de notre transe en nous informant que le repas est prêt. — Je sais que tu n’as pas envie d’entendre ça, ma fille, commence Alpha Hugo durant le repas. Mais je dois quand même te dire que, bien qu’il soit un idiot, Brett était sincère. — Ce n’est pas un peu tard ? grogne Nate. — Nate, tu sais que j’aime Mackenzie comme ma propre fille, et rien ne me ferait plus plaisir que de l’avoir comme belle-fille. J’aimerais ça, que vous soyez heureux ensemble, mais je pense sincèrement qu’elle doit saisir la chance de comprendre ce qui s’est passé et, peut-être, de réparer ce qui a été brisé. La déesse ne fait pas les choses au hasard. Mac, demande l’avis de ton père, si ça peut aider, mais je crois que tu devrais retourner chez les Morgan demain. Nate exprime son désaccord et sa fureur. Son père l’ignore et poursuit : — Même si ça lui fait mal et qu’il n’est pas capable de l’admettre pour le moment, mon fils préfère t’avoir dans sa vie même si cela doit être seulement en tant qu’amie plutôt que pas du tout. Il ne supportera pas de te perdre, Mac. Tu l’as dit toi-même, si ton lien se rompt tout seul, tu en mourras. Brett aussi probablement, et tu ne veux pas ça. Peu importe combien tu lui en veux. Je vois des gouttes éclabousser la table que je fixe depuis un moment, elles tombent de mon nez et de mon menton après avoir tracé des sillons sur mes joues. Luna Béatrice me tend silencieusement une boîte de mouchoirs et je tâche de retrouver un semblant de dignité. Je décide de quitter la table en m’excusant et je m’éclipse pour remonter dans la chambre de Nate. Je ne remarque qu’il m’a suivi que lorsqu’il m’attire brusquement dans ses bras en refermant la porte avec son dos. — Je n’ai pas envie de faire ça, Nate, mais une part de moi à besoin de lui… avoué-je tristement. — On ne pourra jamais être ensemble si tu ne le fais pas, comprend-il. J’acquiesce en me tournant dans ses bras pour fixer ses yeux bleus. — Je ne supporterai pas de vous voir ensemble tant que rien ne sera fixé, mais si tu m’appelles, je viendrai. À tout moment, OK ? déclare-t-il la voix tremblante. Ne pas voir Nathan de tout l’été, ou presque, me submerge de désespoir. Je ne sais pas comment vivre sans lui, ça n’est jamais arrivé auparavant. Même quand je séjourne chez Aurélie ou Jason en l’absence de mes parents, je le vois tous les jours, ou presque. Le plus long que nous ayons été séparés, c’est trois jours ! Je vois le même tourment dans les yeux de Nathan. Il dépose un b****r chaste sur ma bouche et m’entraîne dans son lit. Il me prend contre lui comme il l’a fait hier soir, dans une étreinte douce et protectrice. Nous restons silencieux jusqu’à ce que la sonnerie du téléphone nous sorte de notre bulle. Je décroche, mets le haut-parleur et pose le téléphone sur le torse de Nathan. — On t’écoute, lui indiqué-je d’un ton monotone. — Comment tu vas ? demande Aurel d’une voix tendue. Je réfléchis durant plusieurs secondes à sa question sans réussir à déterminer comment je vais. — Aurais-tu une question plus facile ? — Désolée, Mac. Je ne sais pas quoi dire. Je voulais te prévenir avant pour la barbie, mais je suis arrivée trop tard à la maison. Je t’ai vengée, cependant. Je te jure qu’il va passer une sale nuit avec tout ce que je lui ai balancé à la figure avant de partir. — Partir ? — Ouais, je ne me sentais pas de rester chez moi, je suis chez Jace. — Est-ce que tu rentres demain ? — Je ne sais pas, pourquoi ? — Je vais avoir besoin de toi et de Jace si possible, à moins qu’il veuille rester avec Nate… — Ne te fais pas de soucis pour moi, bébé. Ça ira, me souffle Nate en me serrant plus fort. — Je naviguerai entre vous deux si besoin, intervient Jace. — Merci Jace. Aurel, qu’ont dit tes parents ? — Je ne sais pas, ils n’étaient pas encore rentrés quand je suis partie. — OK, on se voit chez toi demain alors. — Mais je ne comprends pas, pourquoi veux-tu revenir ? — Il n’a pas voulu rompre le lien, il m’a demandé l’été pour faire ses preuves… — Je vais le tuer, grogne Jace. — Et tu n’as pas le choix bien sûr, soupire-t-elle. — Pourquoi n’aurait-elle pas le choix ? Il ne mérite pas une seconde chance, réplique Jace. — Oui, on est d’accord, mais si elle refuse, dans son état, elle risque de précipiter la rupture brutale du lien qui pourrait entraîner sa mort, déclare Nate. Je ne le supporterai pas, je ne peux pas être égoïste à ce point en la gardant éloignée de lui plus longtemps, c’est trop dangereux. — OK, soupire-t-elle. Alors à demain, bisous. Nathan pose mon téléphone sur la table de chevet, puis me soulève légèrement pour me glisser sous la couette, et nos corps s’emmêlent aussi étroitement que possible.
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