L'heure du loup La tête basse, la mâchoire portant le poids de sa fatigue, la bête au poil gris trottinait dans la montagne. Les omoplates roulant sous la peau rythmaient la marche du vieux solitaire à la façon de deux cymbales silencieuses. Sa gueule fumait comme la chaudière d'un brise-glace. De fines particules de givre se collaient à ses babines et glaçaient sa salive. Elles s'accumulaient sur les pointes de ses oreilles et tissaient un curieux bonnet de tulle. Le vent tourbillonnant brassait l'air blanc et recouvrait au fur et à mesure les pas qui s'imprimaient dans la neige fraîche. Le loup s'arrêta et se retourna ; aucune trace derrière lui. Seul son instinct lui aurait permis de savoir d'où il venait. La nuit ne parvenait pas à noircir la neige qui formait une sorte de tapis d'o


