Chapitre premierHarlet ne bouge pas. Incapable d’esquisser un geste, pétrifié. La folie, songe-t-il, ça doit être cela. Une porte qui s’ouvre sur un monde d’hallucinations, des fantômes pareils à la vie, aussi vrais que la vie ! Quand Roberte l’étreint, il se laisse faire. Il subit sans broncher son b****r, le frottement de sa peau. Il commence à trembler. La sueur poisse son col de chemise. Il a brusquement très froid. Roberte va au commutateur ; elle allume les appliques du salon. Elle porte son imperméable bleu pastel, et sur ses cheveux blonds l’écharpe de soie grège qu’elle n’utilise qu’en voyage. Elle est à nouveau près de lui. Il voit ses lèvres charnues, rouges comme une blessure, ses yeux clairs, étirés. Et cette odeur de muguet… Il défaille. Son parfum de prédilection. Comme


