Par la porte ouverte, le vent engouffrait des tourbillons de poussière, un vent d’orage qui secouait les cartons remplaçant les carreaux cassés. La fumée refoulée par les rafales se répandait en volutes dans la pièce. C’était une fumée âcre et lourde qui picotait les yeux. Le vieux ne paraissait guère s’en émouvoir, accoutumé à vivre dans ce trou à rat. Il ruminait ses souvenirs comme il devait le faire souvent, seul, à haute voix, dans le silence de la forêt, dans le murmure de la rivière, sous les ormes géants. Il parlait ainsi aux arbres, aux pierres, à l’eau, comme le faisaient autrefois ses ancêtres, en longues suppliques pour obtenir des forces obscures l’offrande de grandes chasses mirifiques, de pêches abondantes et de soleil afin de réveiller la terre après la nuit mortelle des hi


