Septembre 1942La guerre ne nous a guère épargnés, nous, les gens des Ardennes. L’exode en mai quarante a vidé les maisons des villes et des campagnes. Seuls restaient quelques réfractaires ou têtes brûlées comme moi. Pourtant, ça a pété dans le coin ; à la mi-mai, les bombardements du côté du Mont-Dieu et Le Chesne ont fait de fameux dégâts. Même le vétéran Weygand n’arrive pas à endiguer les troupes boches, et ce n’est pas faute d’essayer. Entre-temps, les pauvres Belges déposent les armes au grand dam des dirigeants français. Une quinzaine de jours plus tard, on fait de même. Au début, comme tout le monde, je n’ai pas été gêné par la décision du vieux Maréchal : des vies humaines sauvées était une bonne raison de stopper ce qui aurait pu être un c*****e, et de toute manière le moral des


