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3262 Mots
4. « Pardon ? Que dites-vous ? Non cela n’est pas possible ! » « Je ne vous appartiens pas. Je n’appartiens à personne. » Les mots qu’elle avait prononcés se répercutaient dans la tête de Nathanaelle alors qu’elle remontait la fermeture à glissière de son étroite robe de cocktail noire, que John avait fait livrer une heure plus tôt. Cet homme avait du pouvoir, certes. Mais elle ne lui appartenait pas. Sa mère aussi l’avait considérée comme une propriété qu’il lui était loisible de détenir et de vendre. Encore une chance qu’elle ait eu des dons musicaux ! Sinon, qui pouvait dire le genre de parti que Bérénice aurait tiré d’elle… ? Nathanaelle frissonna. Elle leva un pied pour le chausser d’un escarpin noir orné de perles. La paire était également fournie par John. Il avait certainement envoyé sa secrétaire personnelle faire les boutiques. Il ne semblait pas du genre à se charger de telles emplettes lui-même. Alors qu’elle chaussait l’autre escarpin, elle perdit l’équilibre et s’écroula par terre. Elle lâcha un juron, puis se mit à rire. — Pas encore prête ? Elle se détourna en entendant cette voix mélodieuse, si follement sexy. — Vous n’avez pas frappé ! — C’est mon hôtel, dit John en haussant les épaules. Il se rapprocha du bar. Affalée à terre, Nathanaelle le trouva encore plus grand que d’habitude. Et nettement plus agaçant, d’autant qu’il venait de la surprendre dans une position peu avantageuse ! — C’est ma chambre, répliqua-t-elle. Il déclara avec un demi-sourire : — C’est moi qui la paie. Je vous sers quelque chose ? — Un soda ? suggéra-t-elle alors qu’il se versait deux doigts de scotch. — Du soda ? Il ouvrit le réfrigérateur incorporé au bar et en sortit une petite bouteille de boisson gazeuse au citron. — Je ne prends jamais d’alcool quand je sors. Une règle instaurée par ma mère autrefois, mais que je continue à respecter — cela m’a toujours réussi. — Ah ? — J’ai trop vu de starlettes affalées par terre, dans des états pitoyables, totalement ivres. — Affalées par terre, hein ? lança-t-il, esquissant un nouveau sourire. Elle se releva en hâte, tirant sur l’ourlet de sa robe. — Une maladresse n’a rien à voir avec l’alcoolisme et le fait de se ridiculiser en public ! — Décompressez, Nathanaelle, je vous taquine. Buvez votre soda, ça vous détendra. Enfin, sans doute pas, mais peu importe. Il s’approcha d’elle et glissa dans sa main la petite bouteille glacée. De nouveau, Nathanaelle remarqua combien il était beau. Une beauté à la fois raffinée et brute, élégante mais avec quelque chose d’incisif, de dangereux. Cela affleurait dans l’éclat de son regard brun, dans son air sulfureux d’homme qui sait se montrer un peu voyou quand il le faut. Allons bon, voici qu’elle faisait de John Angers une sorte de parangon de la virilité sauvage ! Elle était trop naïve en ce qui concernait les hommes. En matière de joutes sexuelles, elle ne pouvait aucunement rivaliser avec lui. Le hasard sachant faire les choses, ce soir elle sera dans son élément. John observa Nathanaelle pendant qu’ils entraient dans la vaste salle de bal, apprêtée pour l’une de ces soirées prétentieuses dont il se moquait éperdument. C’était la première fois qu’il la voyait aussi animée depuis leur rencontre. Son regard s’était éclairé. Sa propre mère avait vécu dans l’attente de soirées de ce genre. Il lui avait vu une expression comparable alors qu’elle se préparait à sortir. C’était la seule chose qui lui donnait le sourire : assister à un événement mondain, briller, jouir des derniers feux de sa gloire déclinante et bénéficier d’une forme d’adoration. L’adoration qu’il lui avait lui-même vouée quand il était enfant n’avait compté pour rien, apparemment. Quant à son père, il avait pendant ce temps été occupé à courir le jupon, à prodiguer ailleurs son affection, se ridiculisant et leur faisant honte parce qu’il ne savait pas contrôler sa libido. John n’avait jamais compris en quoi un chaud lapin pouvait passer pour un homme plus viril que les autres. Quoi qu’il en soit, Dumas Angers n’avait jamais su se tenir quand il s’agissait des femmes. Lui était différent — sans doute pas un hasard. Selon lui, la maîtrise de soi comptait avant tout. Il menait ses relations. Chacune commençait et se terminait quand il le décidait. Et s’il n’avait pas le temps de s’investir dans une liaison, tant pis. Cela impliquait de longues périodes de célibat, comme en ce moment, mais John considérait que c’était le prix à payer pour sa liberté. Il réussit à sourire à Nathanaelle, malgré le chagrin que lui causait cet afflux de souvenirs. — Ça vous plaît ? lui demanda-t-il. Elle avait passé son bras sous le sien, sa hanche l’effleurait quand ils avançaient. A chaque frôlement, il avait l’impression d’être léché par une flamme. Le premier jour, il l’avait presque trouvée insipide ; mais, ce soir, il voyait la vraie Nathanaelle. Elle était rayonnante, parfaitement élégante avec ses cheveux blonds noués en chignon bas et sa robe noire ajustée sur ses formes voluptueuses. En entrant dans la chambre et en la voyant à terre, ses longues jambes exposées jusqu’à mi-cuisses, il avait été retourné. La dernière fois qu’une telle vision l’avait excité à ce point remontait si loin qu’il l’avait oubliée. Il fut saisi d’un accès de dégoût, écœuré par sa propre réaction. Allait-il se laisser tournebouler parce qu’elle avait un corps sublime et des jambes ultra-sexy ? Nathanaelle Bella était la fille de la femme qui avait mis en pièces son existence, tout de même ! En la regardant, c’était Bérénice qu’il aurait dû voir. Et pourtant… — C’est superbe, ici, lança sa cavalière. Incroyable. Qui donne cette soirée ? John s’avisa qu’il ne l’en avait pas informée. Il mit à profit cette diversion pour dompter sa libido. — C’est une soirée d’anniversaire. Pour une mondaine très en vue. — Qui ? — Sophia Ace. — Oh ! J’ai joué pour son anniversaire, une fois. L’année de ses seize ans. Je m’en souviens bien. Elle rougit, et il eut l’impression qu’elle se tassait quelque peu. — Quand était-ce ? — Il y a plus de dix ans. John tiqua. Nathanaelle semblait trop juvénile pour avoir participé à un événement d’une telle importance dix ans plus tôt. Et même trois… — Quel âge aviez-vous ? — Onze ans. Cette fois, il ne put s’empêcher de hausser brièvement les sourcils, stupéfait. A onze ans ? Si jeune ? Il savait qu’elle avait été une enfant prodige, en avait vaguement eu la notion à l’époque où son père couchait avec Bérénice Bella, mais c’était seulement maintenant qu’il prenait conscience de la vulnérabilité qui avait dû être la sienne. — Impressionnant. Il balaya la foule du regard, essayant de repérer les paparazzi infiltrés. Il lui fallait une photo dans les journaux. Après tout, c’était le but de leur présence ici ce soir. Il n’avait pas à penser à Nathanaelle enfant, confrontée si jeune au regard du public, exposée à toutes sortes de critiques. Il n’aurait pas dû s’en préoccuper et pourtant il s’en souciait au contraire, à son grand agacement. — Ben voyons, ironisa-t-elle, amère. Vraiment fabuleux. Ma carrière est déjà terminée et me voici superflue, inutile, à vingt-deux ans. Bravo ! — Pourquoi vous jugez-vous superflue ? — Laissez-moi réfléchir, ironisa-t-elle encore. Je suis fauchée. Un repas de pâtes est pour moi un véritable festin. Ah oui ! N’oublions surtout pas mon rôle de fiancée factice pour ne pas avoir à emménager sous un pont. — Décidément, je ne comprendrai jamais l’humeur des femmes… — Que voulez-vous dire ? — Il y a une minute, vous alliez bien. — C’était avant de découvrir que j’étais ici comme potiche. Un simple accessoire, alors que j’ai joué pour Sophia Ace, autrefois, en tant qu’artiste. Une artiste hautement appréciée. Ce soir, sans vous, je ne pourrais pénétrer ici que comme serveuse. — Jalousie ou sentiment d’injustice ? — Pourquoi pas les deux ? lança Nathanaelle, rageuse. John la fit pivoter face à lui, sans se soucier des allées et venues des invités et du personnel, contraints de les contourner car ils étaient dans le passage. — Sachez bien une chose, mademoiselle Bella. Vous m’accompagnez, alors, ce n’est pas à vous d’être jalouse. — Vous avez une haute opinion de vous. — Pas du tout. Je suis tout simplement réaliste. Ma fortune s’élève à plus d’un milliard de dollars — et je ne vous parle que de trésorerie, pas d’actions ! Ma famille paternelle est richissime, encore plus depuis le succès de la chaîne hôtelière. Quant à ma mère, c’est une ex-star de cinéma qui a connu les sommets du box-office, avec un réseau de relations dont les autres gens osent à peine rêver. La moitié des femmes présentes ici ce soir donneraient un bras pour être vues au mien. Cela n’a rien à voir avec ma personne, mais avec ce que je suis susceptible de leur apporter. Or, c’est vous qui êtes à mon bras, pas elles. Nathanaelle eut une moue dépitée. Cette tirade ne remontait guère son moral. John n’était pas à son côté parce qu’il tenait à elle ou la désirait. Il l’avait recueillie tel un chat errant — un chat errant qui devait gagner ses croquettes en se faisant passer pour sa fiancée. Cependant, ses propos trouvaient en elle une résonance. Les gens recherchaient la présence de John Angers à cause de sa fortune et de son influence. Et si tout cela se volatilisait demain, comme cela lui était arrivé à elle, sa popularité s’envolerait avec. Il n’y avait pas lieu de s’étonner qu’il soit disposé à se marier avec la première venue pour hériter d’une chaîne hôtelière : il devait se cramponner à tout ce qui le rendait attractif. Or, elle poursuivait le même but. Elle tentait de récupérer un peu de considération dans le regard des gens. Si elle n’arrivait pas à retrouver sa célébrité, sa gloire, elle se contenterait d’un toit. Elle ne ferait pas la difficile. — Je connais cela, John, dit-elle, prenant au passage une flûte de champagne sur le plateau d’un serveur. — Vraiment ? — Voyez-vous beaucoup d’amis autour de moi ? Avez-vous vu un comité de soutien le jour où nous nous sommes rencontrés ? Des gens prêts à organiser une quête pour m’aider à garder mon toit ? Non, il n’y avait personne. Puisque je ne suis plus personne. De leur point de vue, en tout cas. John planta ses yeux bruns dans les siens. Sa paume vint se poser au creux de ses reins, puis il inclina la tête. Si ceux qui les entouraient avaient quelques raisons de croire qu’il allait l’embrasser, ce n’était pas ce que Nathanaelle s’imaginait. Du moins… Seigneur ! Elle s’aperçut qu’elle avait la bouche sèche et que son pouls s’était emballé. — Laissez-moi vous dire une chose, Nathanaelle : ce sont ceux qui pensent que vous n’êtes personne qui comptent pour du beurre. Nathanaelle déglutit avec difficulté, les yeux embués. Craignant de se ridiculiser, elle s’écarta de John et tourna les yeux vers la scène. En réalité, elle ne pouvait se résoudre à lever le regard vers son cavalier. Ni à réfléchir à ce qu’il venait de dire. C’était si contraire à tout ce qu’on lui avait inculqué sur la vie, sur ce qui avait de l’importance… Il avait sans doute voulu lui remonter le moral, pour éviter de s’encombrer une soirée entière d’une femme maussade. Elle remarqua le piano sur l’estrade et se demanda qui allait jouer ce soir. A cet instant, une jeune femme en robe longue avança sur scène et s’assit au piano, tandis qu’un quatuor à cordes prenait place en contrebas de l’estrade. Les premières mesures s’élevèrent. Nathanaelle ferma les yeux, se laissant envahir par la nostalgie, prise d’une souffrance dont elle redoutait de ne jamais se dépouiller. — Vous voulez danser ? Elle ouvrit les paupières et, cette fois, osa lever les yeux sur John. — Vous savez danser ? — Ma mère a tenu à ce que j’apprenne. D’ailleurs, c’était utile pour séduire les filles du temps où mon compte en banque n’était pas si bien garni, plaisanta John. Et où j’étais obligé de m’en remettre à mon charme et mon entregent. Nathanaelle se tourna vers les musiciens. Elle avait toujours été celle qui occupe l’estrade. Séparée des autres. Celle qui décidait de la couleur de l’ambiance, de la tonalité de la soirée. Essentielle mais à l’écart. — Vous me le proposez pour la galerie ? Il incurva légèrement les lèvres en un étrange demi-sourire. — C’est ça. Elle accepta la main tendue de John. Elle était plus chaude qu’elle ne l’aurait imaginé. Il la mena vers la piste ; son cœur s’emballa. Elle prit soudain conscience qu’elle n’avait jamais dansé avec un homme ! En fait, elle ne dansait pas. Même aux lancements de ses albums, elle jouait du piano, animatrice des réjouissances plutôt qu’invitée d’honneur. Et la danse n’étant d’aucune utilité à une carrière de pianiste, elle n’avait jamais acquis ce talent. — Je ne sais pas du tout danser, avoua-t-elle. — Il vous suffira de me suivre, dit-il d’une voix douce, mêlant ses doigts aux siens et l’enlaçant de son bras libre. Posez votre main sur mon épaule. Elle s’exécuta, résistant à l’envie soudaine de glisser sa paume à plat sur son torse ferme, dont elle sentait les muscles puissants tandis qu’il la serrait contre lui. Elle était sûre qu’il percevait les battements erratiques de son cœur. Elle se tourna vers l’estrade alors qu’il se mettait en mouvement, absorbant instinctivement et la musique et les gestes de John. Elle se laissa porter, abandonnée. — Comment se fait-il que vous ne sachiez pas danser ? — Manque de temps. — Oui, c’est juste : les gammes. — C’est ça. Ça prend… ça prenait beaucoup de place. — Je vois. — On ne peut pas exceller en tout. Mais, à force de travail, on peut devenir très bon dans un domaine. Si on le veut suffisamment fort. Elle venait de répéter les paroles de son professeur de piano, légèrement choquée de constater qu’elles lui étaient venues sans y penser, même après tout ce temps. — Je n’accepte pas cette idée, déclara John, la rapprochant de lui d’une pression aux creux de ses reins. Nathanaelle sentit des picotements la parcourir. Gênée, elle avait une conscience aiguë de son corps, de ses seins. Une impression bizarre mais pas entièrement désagréable. — Peu importe que vous l’acceptiez ou non, rétorqua-t-elle, c’est la vérité. Il faut des heures, des mois, des années d’entraînement et de concentration pour maîtriser une discipline, quelle qu’elle soit. Il faut s’impliquer à fond. — Mmm… l’implication n’est pas mon fort. Les doigts de John se déplacèrent légèrement sur son dos, déclenchant une cascade de sensations, enflammant sa chair. — Vous en êtes sûr ? Vous m’avez pourtant demandée en mariage vingt-quatre heures après m’avoir rencontrée, je vous rappelle. — Je peux m’accommoder d’une promesse qui supporte d’être égratignée. Un contrat à durée déterminée est l’idéal, à mon avis. C’est pourquoi je ne prends pas d’engagements : je serais incapable de m’y tenir. — Alors les relations humaines ne sont pas votre domaine d’excellence… Il afficha un large sourire. — J’ai un master en finances, avec mention spéciale pour mes aptitudes en sport en chambre. Et, si je dis « mention spéciale », c’est uniquement parce que vous prétendez qu’on ne peut avoir deux domaines d’excellence. Nathanaelle rougit. Comment pouvait-il énoncer des choses pareilles avec autant de désinvolture ? — Et vous ? reprit-il. Quelle vision avez-vous de l’engagement ? — Oh… moi, je n’ai qu’un master en piano, dit-elle, se forçant à sourire. — Oui, j’avais compris. Il la raillait, mais sans cruauté. Personne ne l’avait jamais taquinée ainsi ni n’avait engagé avec elle une conversation de cette nature. Intime. C’était curieux. Curieux et plaisant, s’avoua-t-elle. — Vous vous moquez de moi. — Un tout petit peu, concéda-t-il. Il se détourna et Nathanaelle ne put s’empêcher d’être frappée par son profil au nez affirmé, à la mâchoire carrée. John évoquait une statue de pierre, façonnée au burin mais dotée de souffle et de chaleur. Avec en plus une petite lueur dans l’œil qui faisait penser au péché et au plaisir. — Vous avez vu là-bas ? dit-il, inclinant la tête. C’est Alicia Beckam, la célèbre chroniqueuse mondaine. Tournant à demi la tête, Nathanaelle repéra une femme qui se tordait le cou pour les voir. Sans hâte, John plaça sa main libre sur sa hanche, laissant glisser ses doigts jusqu’à ce que ses paumes reposent au creux de ses reins. Nathanaelle se raidit, le sang battant ses tempes, incapable de penser à autre chose qu’aux pouces de John délicatement posés de chaque côté de son pubis. — Détendez-vous, murmura-t-il. Appuyez-vous contre moi. Elle tâcha de suivre son conseil, mais ses muscles demeuraient contractés. Ce n’était pas la peur qui la raidissait. L’anticipation, plutôt. Elle ne savait pas ce que John ferait ensuite, où il la toucherait. Cette incertitude l’enflammait et lui donnait des frissons, une véritable poussée de fièvre. — Comme ça, c’est mieux ? demanda-t-elle toutefois d’une voix frémissante. — Nettement, chuchota-t-il, effleurant sa tempe de ses lèvres. Cette ébauche de caresse éveilla en elle un besoin sexuel brut, très différent de ce qu’elle avait imaginé. Dans sa représentation mentale, le désir était comme filtré par un verre flou. Dans les bras de cet homme, ce n’était ni flou ni obscurci ; c’était précis et net, au contraire. Presque douloureux à force d’intensité. Et John ne l’avait même pas encore embrassée ! Le ferait-il ? Il devrait lui donner le b****r à la mariée le jour de la noce, en tout cas. Et voilà qu’elle avait les mains moites à cette pensée… Elle crispa les mains sur ses épaules. Inclinant la tête, il effleura de ses lèvres la courbe de sa mâchoire. Elle lâcha un soupir étranglé et se cramponna plus fort, car il lui semblait qu’elle allait s’évanouir. Si elle s’effondrait à ses pieds, ça ferait une photo parfaite pour les pages mondaines des magazines people ! John accentua la pression de sa bouche, juste au-dessous de son oreille. Elle frémit au léger contact de sa langue sur sa peau. Elle n’avait jamais fantasmé sur un acte aussi simple et sensuel ; mais, même si elle l’avait fait, elle n’aurait pu deviner l’effet de ce simple frôlement ! — Vous avez un goût de vanille, dit-il d’une voix rauque et douce. Alors qu’il effleurait son cou, faisant naître en elle de petits frissons, Nathanaelle eut un léger mouvement de tête en arrière et le contempla, les yeux arrimés à son regard intense. Allait-il l’embrasser maintenant ?… Il porta son regard au loin, en direction de la journaliste dont il voulait se faire remarquer. — Je crois que nous avons capté l’attention d’Alicia, annonça-t-il. Nathanaelle descendit très vite de son nuage à cette phrase. L’excitation sensuelle qui la nimbait se dissipa ; elle reprit conscience du bruit environnant : murmures des conversations, musique, présence des autres danseurs. — Prête pour un brin de mondanités ? reprit-il, un sourire gourmand aux lèvres. Non, elle ne l’était pas ! Elle avait plutôt envie de disparaître dans un trou. D’autant qu’elle avait eu une réaction ridicule au moment où il l’avait effleurée avec ses lèvres. Le pire était qu’elle regrettait qu’il ne soit pas allé plus loin. — Oui, bien sûr, affirma-t-elle toutefois d’une voix fragile. — Alors, allons-y, chérie. Allons annoncer notre union à tous ces gens.
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