Ils s'arrêtèrent enfin dans une grande cour que Célia ne connaissait pas. La bâtisse était imposante et devait appartenir à un des sujets de son oncle. Elle pria pour que le seigneur qui vivait là soit présent. Il la reconnaîtrait forcément et elle lui expliquerait la situation. Toute personne noble ne pourrait décemment pas la laisser entre les mains d'un assassin. Elle allait retrouver ses parents et tout finirait bien.
L'homme la saisit par le bras et ils sortirent du carrosse. En posant le pied à terre, sa cheville blessée se déroba sous son poids. Une douleur foudroyante traversa sa jambe. Elle allait s'effondrer par terre quand deux bras solides se saisirent d'elle. Elle ne trouva pas la force de s'en offusquer. Son esprit concentré dans le but de ne pas s'évanouir malgré la douleur qui ne la quittait pas, la fatigue et la peur. Il fallait qu'elle tienne jusqu'à ce que le seigneur de la résidence sorte et qu'elle puisse lui parler.
L'assassin, avanca dans la cour, jusqu'à une porte dérobée au niveau de l'aile ouest. Une fois dans la résidence, l'homme déposa la jeune fille dans la pièce qui était une cuisine.
Célia perdit tout espoir, un noble ne se rendait jamais dans les cuisines. Elle entendit l'assassin demander aux cuisinières de s'occuper d'elle avant de quitter la pièce. L'une des cuisinières s'approcha doucement de la jeune fille :
- Princesse Célia ?
- Cathie !
- Mais, que faites-vous ici ? Vous devriez être au palais !
- J'ai été enlevée ! Je ne sais toujours pas pourquoi, mais et toi ? que fais-tu là. Je croyais que tu travaillais pour mon Oncle ?
- J'suis toujours à son service...
La cuisinière cessa de parler en voyant le teint pale et l'état des habits de la jeune princesse.
- J'suis affreuse. T'dois avoir faim, t'as l'air d'avoir vécu l'enfer. T'inquiètes pas mon p'tit, j'vais t'faire une bonne petite soupe, ça va t'remettre du sang dans les veines.