Chapitre 10

806 Mots
Célia regrettait amèrement d'être sortie de la roulotte. En arrivant enfin dans la clairière, elle s'était effondrée. Marcelino déjà revenu se précipita vers eux. Il aida Célia à se relever, et la prit dans ses bras, ce qui lui valut un regard désapprobateur de la part du vieux. Célia trop fatiguée pour se rebeller accepta par dépit. Elle se remémora sa fuite.        Comme à son réveil, les deux hommes se parlaient en lui tournant le dos, elle en avait profité pour s'échapper. La seule porte ouverte étant celle de la salle de bain, elle s'était dirigée par là. Elle avait ouvert la fenêtre de la salle de bain et était passée par là pour rejoindre la forêt. Au passage, elle avait perdue une chaussure. Une fois dehors, elle avait couru jusqu'à la forêt avant qu'ils ne s'aperçoivent de son absence. Une dizaine de minutes plus tard, elle se prenait le pied qui n'avait plus sa chaussure dans un nid de ronces. Elle avait perdu l'équilibre, et en tombant, son pied avait tiré les ronces. La douleur lui avait arraché un cri. Malheureusement pour elle, il fallut à peine quelques minutes à un de ses ravisseurs pour la retrouver. En plus, c'était l'homme plus âgé. En tirant un peu trop fort sur une des branches de ronces qui lui emprisonnaient la cheville, le vieil homme l’avait fait crier. Après, elle avait vu le seigneur noir, ou plutôt son cousin Henri, elle n'en revenait pas. Cela voulait dire qu'elle était à la campagne. Elle n'avait plus qu'à espérer que son cousin avait prévenu quelqu'un pour la sortir de là. Maintenant, elle en était au même point avec une cheville en sang mal bandée. Le jeune homme l'installa sur une petite table. Il alla chercher une bassine avec de l'eau et des morceaux de tissu. Le vieil homme reprit la situation en main. - C'est bon Marcelino! Je vais me débrouiller, va me chercher une b***e de tissu dans l'armoire de la salle d'eau. Le vieil homme retira le bout de robe en sang qui avait servi à maintenir la cheville. Célia détourna la tête. L'homme prit sa cheville entre ses mains moites, et il commença à laver la chaire abîmée. Célia se décida à lui parler : - Pourquoi m'avez-vous enlevée ? La question prit le vieil homme au dépourvu. Il se mit à réfléchir à la réponse qu'il pourrait bien lui apporter. - Je... disons que... C'est un peu... difficile à expliquer. Voyez-vous, nous sommes un clan d'environ deux cents personnes. Il s'arrêta et l'observa attentivement avant de reprendre. - Je crois que l'homme qui vous a fait enlever vous aime sincèrement. Et... - Et... ? L'aida Célia. - Je ne peux pas vous en dire plus, mon maître souhaite garder l'anonymat. - Je peux quand même savoir pourquoi je suis ici, euh... Monsieur ! S'impatienta Célia. - Je m'appelle Otto ! - Mais je n'en ai rien à faire de votre prénom. Je veux savoir pourquoi je suis en pleine campagne avec deux hommes que je ne connais pas et une cheville littéralement détruite. Marcelino arriva à ce moment là avec une grande b***e de tissu. Le vieux s'en saisit et s'apprêtait à la mettre sur la cheville mal nettoyée de la jeune fille. Célia s'emporta. - Non mais ce n’est pas vrai ? Passez-moi la b***e ! Ordonna-t-elle. Le vieil homme s'exécuta. Tout en ronchonnant, Célia plongea sa cheville ensanglantée dans la bassine. Avec un bout de tissu imbibé d'eau, elle frotta sa cheville dans l'eau. Elle serra les dents pour que les deux hommes ne l'entendent pas gémir de douleur. Quand elle eut fini, elle sortit son pied de l'eau. - C'est tout de même mieux. S'exclama-t-elle. La chaire était à vif, mais les plaies étaient propres. Elle se saisit de la b***e et se l'appliqua. Elle serra bien pour pouvoir marcher avec et la douleur s'en trouvait quelque peu refoulée. Un bruit de galopade sortit les deux hommes de leurs pensées. Marcelino se précipita à la fenêtre pendant que le vieux demanda à Célia d'aller se cacher sous le lit de la pièce d'à côté. - C'est l'patron qui s'amène! Cria Marcelino. - Nom de Dieu! Qu'est-ce qu'y fous là. T'as dû t'planter, on doit le rejoindre dans deux, trois jours. - T'as qu'à v'nir voir, il est juste à l'entrée de la clairière! - C’est pas lui ! C'est le cheval de son associé ça. - Qu'est-ce que ça veut dire ? - J’n’en sais rien. Reste ici avec la petite. Je vais voir ce qu'il veut ! Le vieil homme sortit de la roulotte et s'approcha du carrosse. A peine avait-il fait trois pas qu'un coup de feu retentit. Marcelino qui suivait tout depuis la fenêtre, sursauta. Otto s'effondra à terre.
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