« Comment, ce soir-là, qui était le soir de gala, la Carlotta ne vint-elle pas au théâtre ? Comment ai-je été appelée à la remplacer ? Je ne sais ; mais je chantai… je chantai avec un transport inconnu ; j’étais légère comme si l’on m’avait donné des ailes ; je crus un instant que mon âme embrasée avait quitté son corps ! – Ô Christine ! fit Raoul, dont les yeux étaient humides à ce souvenir, ce soir-là, mon cœur a vibré à chaque accent de votre voix. J’ai vu vos larmes couler sur vos joues pâles, et j’ai pleuré avec vous. Comment pouviez-vous chanter, chanter en pleurant ? – Mes forces m’abandonnèrent, dit Christine, je fermai les yeux… Quand je les rouvris, vous étiez à mon côté ! Mais la Voix aussi y était. Raoul !… J’eus peur pour vous, et encore, cette fois, je ne voulus point vous


