CHAPITRE XI Gulliver est percé d'une flèche que lui décoche un sauvage.—Il est pris par des Portugais qui le conduisent à Lisbonne.—Il passe en Angleterre. Je commençai ce malheureux voyage le 15 février de l'an 1715, à neuf heures du matin. Quoique j'eusse le vent en poupe, il me suffit d'abord de mes rames. Mais, considérant que je serais bientôt las et que le vent pouvait changer, je déployai ma voile, et, la marée arrivant à mon aide, je cinglai l'espace d'une heure et demie. Mon maître, avec tous les Houyhnhnms de sa compagnie, restèrent sur le rivage, éperdus et fort attristés, jusqu'à ce qu'ils m'eussent perdu de vue, et j'entendis plusieurs fois mon cher ami l'alezan hennir: Hnuy illa nyha, majah Yahou! C'est-à-dire: Prends bien garde à toi, gentil Yahou! Mon dessein était de d


