Chapitre 16 : La Peur du Sentiment

1279 Mots
Charnelle Le bureau est silencieux, un silence lourd, presque oppressant. Je suis assise à mon bureau, feignant de me concentrer sur un dossier, mais chaque mot, chaque ligne me semble floue. Mon esprit, pourtant capable de travailler sous pression, semble incapable de se focaliser. C’est comme si une tempête invisible soufflait en moi, emportant tout sur son passage. Le regard de mon patron m’obsède. Je ne sais plus combien de fois je l’ai croisé aujourd’hui, mais à chaque fois, quelque chose en moi se serre. Ce n'est pas simplement un regard, c’est une demande silencieuse, une attente. Il veut plus. Il veut que je franchisse cette ligne. Et moi, je suis là, paralysée par la peur. Peur de ce qui pourrait se passer si je cède, peur de me perdre dans cette relation qui me consume déjà un peu plus à chaque instant passé à ses côtés. Je me sens vulnérable, plus que jamais. Le moindre geste, le moindre mot, semble prendre une signification qu’il n’avait pas auparavant. Avant, il était simplement mon patron. Un homme avec des exigences professionnelles. Mais maintenant, il est bien plus que ça. Il est un dominant, et moi, une soumise, même si je n’ose pas encore l’admettre. Je me lève brusquement, comme si je cherchais à m’échapper de cet espace clos. Mes mains sont tremblantes, mes pensées se bousculent dans ma tête, mais une idée revient sans cesse : Je suis en train de perdre le contrôle. C’est la sensation qui m’étouffe, qui m’empêche de respirer correctement. Et ce sentiment me terrifie. Je passe devant son bureau, sans vraiment savoir pourquoi. Je n’ai pas de raison particulière d’y aller, mais mes pas semblent guidés par une force que je n’arrive pas à contrôler. Quand j’arrive à la porte, je m’arrête. Mon corps s’immobilise, mes doigts se posent sur la poignée. J’hésite. Une partie de moi me crie de partir, de fuir, de garder une certaine distance. Mais l’autre partie… l’autre partie veut savoir, veut comprendre. Je pousse lentement la porte et entre. Il est là, assis derrière son bureau, son regard tourné vers l'écran de son ordinateur, mais je vois immédiatement qu’il est conscient de ma présence. Il attend. « Qu'est-ce qui se passe, Charnelle ? » Sa voix est calme, mais il y a une note de fermeté dedans. Il me fixe, comme s’il avait vu à travers mon masque. Je ferme la porte derrière moi, puis je m’approche du bureau, sans savoir quoi dire. Le malaise est palpable. Mes pensées s’entrechoquent, chaque seconde dans cette pièce m’enfonçant un peu plus dans ce vertige. Il attend, toujours, cette fois sans détourner les yeux. « Je… je suis désolée, je ne devrais pas être ici. » Ces mots semblent m’échapper sans que je puisse les retenir. Il n’a pas besoin de savoir à quel point je me sens perdue, à quel point cette situation est devenue insupportable pour moi. « Ne t’excuse pas, » dit-il, un léger sourire en coin. Il sait exactement ce qu’il fait. Il sait que j’hésite, que je vacille, et il prend plaisir à cela. Mais en même temps, je vois dans son regard qu’il est en train d’évaluer. Il se doute que je suis prête à tout abandonner, à tout sacrifier. Et il me teste, lentement, patiemment. Je reste là, figée, incapable de bouger, mes doigts serrés autour de la poignée de la chaise. L'idée d’un compromis m’effleure l’esprit, mais je sais qu’il est trop tard pour ça. La situation est bien plus complexe qu'une simple question de soumission et de domination. C'est une question de contrôle, de pouvoir, de sentiments confus qui s’entrelacent. « Pourquoi as-tu peur ? » Il le demande d’une voix douce, mais je sais que cette question est une attaque, subtile mais redoutable. Il veut savoir jusqu’où je suis prête à aller. « Je… je n’ai pas peur, » je réponds presque instinctivement, mais je sais que c’est faux. « C’est juste… » je m’arrête, cherchant les mots justes, mais je n’en trouve aucun. « C’est juste que je ne sais plus où je vais. » Il se redresse légèrement dans son fauteuil, ses yeux ne quittant pas les miens. « Tu es ici, Charnelle . Et tu as déjà franchi une étape. » Il fait une pause, comme pour souligner ses mots. « Tu as accepté d’être dans cette position, tu as accepté de perdre un peu de contrôle. Mais ça ne veut pas dire que tu l’as entièrement perdu. » Ses mots résonnent en moi. « Accepter de perdre le contrôle. » Il a raison. Ce contrat silencieux que nous avons tous les deux signé en nous laissant aller à cette relation étrange… Je l’ai accepté. Mais chaque jour qui passe, je me sens de plus en plus piégée par mes propres choix. Ce n’est pas lui qui me pousse dans une direction. C’est moi, moi seule, qui m’y suis engouffrée sans vraiment réfléchir à ce que cela impliquait. « Je ne veux pas perdre tout contrôle, » murmuré-je, presque pour moi-même, mais il l’entend. Ses yeux brillent, comme s’il avait attendu cette confession. « C’est déjà trop tard pour ça, » dit-il, son ton un peu plus dur maintenant. « Tu as franchi un point de non-retour. Il est temps d’accepter ce qui se passe entre nous. Il est temps d’accepter ta place. » Ses mots sont durs, mais ils ont l’effet inverse de ce qu’il attendait peut-être. Plutôt que de m’effrayer davantage, ils éveillent en moi un désir que je croyais enfoui. Ce sentiment d’impuissance, cette dépendance qui m’effraient, me rendent aussi curieuse. Je veux comprendre ce qui m’arrive, même si cela me détruit de l’intérieur. « Et si je ne peux pas ? » Je pose la question, mais je sais que la réponse est déjà là, dans son regard. Il n’attend pas que je me rebelle. Il attend que je cède. Que je reconnaisse enfin que je fais partie de ce jeu, que je l’ai toujours fait, même si je ne le savais pas encore. Il se lève lentement de son fauteuil, se rapprochant de moi. Il n’y a plus de distance, plus de faux-semblants. C’est un face-à-face brut, sans échappatoire. Je sens le souffle lourd dans ma gorge, mais mes jambes restent figées. Je ne peux pas m’échapper. « Tu as peur de perdre le contrôle, mais en réalité, tu n’as jamais eu le contrôle. C’est ça, n'est-ce pas ? » Il me le dit calmement, mais ces mots résonnent comme un couperet. Je ne sais pas si je devrais lui répondre, ou simplement fuir cette vérité qui m’effraie. Ses mains se posent doucement sur mes épaules, et je sens la chaleur de sa présence m’envahir. « C’est ton choix, Sophie. Tout dépend de ce que tu veux vraiment. » Je ferme les yeux un instant, perdue dans ce tourbillon de pensées. Qu’est-ce que je veux ? La question est si simple, et pourtant, je ne trouve aucune réponse. Ce que je sais, cependant, c’est que plus je cherche à m’échapper, plus cette perte de contrôle devient inévitable. Et peut-être, au fond de moi, je sais que je l’ai toujours voulu. --- Ce chapitre explore le dilemme intérieur de la secrétaire alors qu'elle commence à ressentir une perte de contrôle de plus en plus forte sur sa situation. Entre désir et peur, elle se trouve dans une position où ses choix deviennent de plus en plus difficiles. L’atmosphère se tend davantage à mesure que les attentes du patron se font plus pressantes, et elle doit maintenant décider si elle est prête à accepter la perte de contrôle totale ou si elle veut encore lutter contre cela.
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