1907 L’été régnait en plein, avec ses nuits brûlantes. Le clair de lune frappait l’eau, la rendait blanche, insondable, qu’elle fût profonde ou non. Mais il revêtait les objets solides d’un enduit brillant, d’une couche argentée, si bien que les feuilles elles-mêmes, sur les routes de campagne, semblaient vernies. Tout le long de ces routes silencieuses qui conduisent à Londres, des charrettes avançaient laborieusement, rênes de fer rigides dans des mains de fer, car légumes, fruits et fleurs voyagent lentement. Très haut, dans des mannes rondes, choux, cerises et œillets s’entassent. On croirait voir des caravanes chargées des biens d’une tribu qui émigre à la recherche de l’eau, forcée par ses ennemis à trouver de nouveaux pâturages. Les charrettes avancent laborieusement le long de cet


