1908 C’était en mars et le vent soufflait. Mais on ne pouvait pas dire qu’il « soufflait » ; il raclait, flagellait. Il était si cruel, si malséant ! Il ne se contentait pas de blêmir les visages ni de rougir les nez, il retroussait brutalement les jupes, exposait de grosses jambes, obligeait les pantalons à révéler des tibias de squelette. Il ne contenait aucun moelleux, aucun fruit. C’était ce balancement de faux qui détruit, complaisamment stérile ; non celui qui coupe utilement le blé. D’une rafale, il éteignait les couleurs – même celles d’un Rembrandt de la National Gallery ou d’un rubis dans une devanture de Bond Street. Une rafale, et ils disparaissaient. Si ce vent avait un lieu de naissance, c’était dans l’île des Chiens, parmi les boîtes de fer-blanc gisant près d’une souillon


