1913 On était en janvier. La neige tombait. Elle tombait depuis le matin. Le ciel s’étendait, semblable à une aile d’oie grise, répandant ses plumes sur toute l’Angleterre. Le ciel n’était qu’une tourmente de flocons. Ils aplanissaient les chemins, remplissaient les creux ; la neige obstruait les ruisseaux, obscurcissait les fenêtres et restait collée aux portes. Un faible murmure résonnait dans l’air, un léger crépitement, comme si l’atmosphère elle-même se transformait en neige. En dehors de cela, le silence régnait, coupé seulement par la toux d’un mouton, le bruit de la neige qui s’abattait d’un arbre, ou glissait en avalanche le long d’un toit de Londres. De temps à autre, un rayon lumineux s’allongeait lentement à travers le ciel, quand une auto passait sur les routes emmitouflées.


