Mylène se contenta de prendre chaque jour un repas avec Lola. Elle établissait elle-même le menu et mangeait avec un formidable appétit pour soigner son embonpoint. Lola aimait la regarder faire. Elle prétendait que Mylène, par sa voracité, lui communiquait le goût de manger. Hélas, Lola mangeait peu. Si peu que, chose inconcevable, elle maigrissait encore. On se disait, allant lui faire une visite, qu’on ne pourrait pas la trouver pire que la fois précédente. On se trompait. On avait l’impression qu’elle pourrait disparaitre par évaporation. Tout maigrissait, hormis les yeux. Les yeux étaient immenses et subissaient comme toute sa personne un dessèchement qui nécessitait l’usage d’un collyre, comme la bouche exigeait un beurre, la peau une crème. On trouvait par moments qu’elle n’était pl


