D’un côté, elle rabrouait les gens qui venaient lui parler du sida. Si c’était pour entendre dire que ces gens-là on devrait les enfermer entre eux, que pas un seul ne s’en sortirait, que c’était plus contagieux qu’on disait, c’était pas la peine. Elle clouait le bec à ceux qui s’aventuraient sur le sujet. Elle prétendait que cela arrivait souvent. J’en doutais, car qui n’avait entendu dire qu’elle était bonne ? D’un autre côté, elle était touchée par la manière qu’avait Lola de parler de Folamour. Lola, persuadée que Délire était atteinte, devait marcher sur des œufs, et ne devait pas dire au téléphone ce qu’elle me disait de visu. Alors, Délire découvrait en elle la vocation du sacrifice. Lola pensait à la solitude, à la maladie de Folamour resté seul dans le grenier de la sœur de Bibi.


