Elle se tut et contempla de nouveau le diptyque. Près d’elle, Raymond songeait avec une tristesse poignante : « Elle ne voit là que l’œuvre d’art. Cette scène, qui éveille en nos cœurs de croyants tant d’émotions et de souvenirs surnaturels, n’a pas de sens pour elle. » Ariane se tourna vers lui. Son regard pensif contenait tout un monde de réflexions. – Ce n’est pas seulement en souvenir de votre ami que vous avez mis là ce diptyque ? Vous avez voulu affirmer ainsi vos convictions, votre qualité de chrétien ? – En effet, mademoiselle. – Je vous envie. C’est atroce d’être dans la vie comme de perpétuels égarés, cherchant un peu de lumière et ne trouvant que la nuit, toujours la nuit. Elle parlait avec calme, mais une souffrance contenue frémissait dans sa voix. Raymond revoyait sur c


