XII— Sarah, moi, à ta place… Arthur achevait de boucler une affaire de carambouille immobilière. C’était une histoire classique, sinon caricaturale de promoteur “marron”, celle d’un homme aux belles manières qui s’était installé peu de temps auparavant en Cornouaille. Le sourire enjôleur, le cigare à la bouche, avec pour seul fonds de commerce, une vitrine garnie de photos alléchantes dues à son ordinateur, il avait plumé suffisamment de “gogos” pour disparaître prestement sous les Tropiques. Il ne restait plus aux ex-futurs propriétaires que leurs yeux pour pleurer devant deux immeubles inachevés, des murs ternes aux masques de béton, déjà envahis par des colonies de cryptogames annonçant de luxuriantes moisissures. Définitivement solidifié dans le fond des dernières bétonnières qui n’av


