Elle se leva et bondit vers le lave-mains. Le liquide gastrique remonta comme un geyser. Ne pouvant franchir l’obstacle, il s’engouffra dans le nez d’Aléonore. Elle se boucha les narines afin que la pression puisse se concentrer uniquement sur la boulette. Un second jet, puissant, fusa. Ses fosses nasales furent inondées, mais Aléonore ne desserra pas ses doigts. Elle sentit un filet acide à la base de sa langue ; le vomi se faufilait entre la pâte à papier et ses amygdales. Aléonore banda tous ses muscles afin d’accroître la puissance de l’expulsion. La bouchée jaillit dans le lavabo où elle se disloqua en un essaim de grumeaux. Le reste du contenu stomacal suivit. Aléonore avait fermé ses paupières. Sa glotte se rouvrit et elle put reprendre son souffle. Elle hoqueta. Sa main gauche


