VILA CAPTURE DES FRÈRES DELAPIERRE FUT, pour le moins, rocambolesque. Jamais, de mémoire de yeshiva, en Normandie, en Navarre ou ailleurs, on n’avait vu et on ne verrait des étudiants d’une école talmudique pénétrer dans une taverne borgne pour trinquer avec des malfrats. C’est pourtant ce que firent, une fois passé chabbat, en ce 39e jour de l’Omer qui tombait un dimanche, Hakelin, Haïm, Samuel, Raphaël et Reuben, lorsque, vers midi, ils pénétrèrent dans la salle centrale du Tonneau des Amis au nord de la ville, après avoir filé les Delapierre depuis le matin. Ce qu’ils virent dans le bouge dès leur entrée dépassait tout ce qu’ils avaient pu imaginer sur les lieux réputés de perdition dont ils avaient entendu parler. Une odeur âcre enveloppait la salle enfumée noire de monde. Partout, des


