Je me souvenais parfaitement de ce moment. J’étais alors en terminale, et pour une raison oubliée, j’étais entré dans sa chambre. Derrière son placard, deux sacs volumineux attendaient. J’étais abasourdi, incapable de comprendre ce qui se passait, jusqu’à ce qu’elle me pousse brusquement hors du placard. Je parvins à articuler d’une voix posée : « Maman… Tu pars quelque part ? » Ses yeux trahissaient l’inquiétude avant qu’elle ne prononce calmement : « Oui, je me remarie et je quitte le pays. » Ma mère n’avait jamais été un modèle de maturité. Égoïste et vaniteuse, elle semait toujours le chaos autour d’elle. Pourtant, il fallait reconnaître sa beauté exceptionnelle, qui captivait tous ceux qui croisaient son chemin. Elle avait été, jadis, une véritable déesse locale, et bien que j’aie hé


