Naturellement, je me précipitai pour lui apporter une bouteille d’eau, m’asseyant à ses côtés, lui secouant doucement l’épaule et lui demandant : « Emmanuel, ça va ? » Je versai de l’eau sur sa paume pour le réveiller. Il ouvrit les yeux et me vit faire pour la deuxième fois. « Je vais bien », répondit-il, d’une voix glaciale. Je ne le crus pas, mais plutôt que de continuer à l’asperger, j’utilisai l’eau pour essuyer doucement son visage. « Bois… bois un peu ! » ordonnai-je en pressant le goulot contre ses lèvres. À cet instant, je me suis consacrée entièrement à lui, oubliant le reste, la douleur, notre enfant perdu, mes instincts de fuite. Même sans aucune compétence médicale, je voulais simplement qu’il survive. Lorsqu’il eut fini et me rendit la bouteille, je remettai le bouchon avec


