Chapitre 6:

3139 Mots
Le soleil déclinait lentement sur Ligther, baignant la ville d’une lumière dorée qui adoucissait les contours des immeubles et des rues animées. Léo se tenait près de l’arrêt de bus, regardant distraitement les silhouettes qui s’éloignaient. Pas de cours aujourd’hui, mais une étrange sensation d’agitation tournait dans son esprit. À ses côtés, Fresh tapotait nerveusement sur son téléphone. — T’es sûr que tu veux rester là ? lança Fresh en plissant les yeux. Tu as l’air ailleurs, mec. — J’essaie de réfléchir, répondit Léo sans vraiment le regarder. Trop de choses se passent en ce moment. — Comme quoi ? insista Fresh en haussant les épaules. Léo secoua la tête. — Cette fille… Luna. Et puis cette serveuse au restaurant, June. Il y a quelque chose que je ne comprends pas. J’ai l’impression que tout ça est lié. Fresh haussa un sourcil dubitatif. — Sérieusement ? Tu te prends la tête pour une fille et une serveuse ? — Non, ce n’est pas ça. Ce n’est pas juste des filles. C’est autre chose. Un silence s’installa entre eux, seulement troublé par le bruit lointain des voitures et des discussions au café voisin. Léo resserra sa veste contre lui. — Tu te souviens du papier que June m’a donné ? Je vais y aller ce soir. Seul. Fresh le regarda droit dans les yeux. — Tu es sûr ? Ça sent pas bon. Je ne veux pas que tu te mettes dans une galère. — Je dois savoir. Je ne peux pas rester dans le flou. Ils échangèrent un dernier regard avant que Léo ne s’éloigne doucement, le pas lourd mais déterminé, vers ce qui allait peut-être changer sa vie. Léo marcha longtemps, les mains dans les poches, l’esprit embrouillé par les paroles de Fresh et le souvenir du regard de June. Ce regard bleu si intense, presque perçant. Il ne savait pas vraiment ce qu’il allait découvrir ce soir, mais il sentait que quelque chose de plus grand que lui était en mouvement. Lorsqu’il arriva devant le restaurant, Le Jardin de June, la façade était plus calme que dans la journée. La lumière à l’intérieur était tamisée, presque intime. Il jeta un coup d’œil à sa montre. 19h58. Il inspira profondément, puis poussa la porte. La clochette tinta doucement au-dessus de sa tête. Il n’y avait pas un seul client. La salle, vide et silencieuse, baignait dans une atmosphère presque étrange. Les plantes suspendues remuaient à peine sous l’effet d’un ventilateur discret, et une musique douce flottait encore dans l’air. June apparut depuis l’arrière du comptoir, comme si elle l’attendait. — Tu es venu, dit-elle doucement. Léo hocha la tête, incertain. — Je ne suis pas venu pour dîner. Je suis venu pour comprendre. Elle fit un signe de tête vers une table du fond, plus isolée. Il la suivit sans un mot, s’installa en face d’elle. Pendant un instant, aucun des deux ne parla. June jouait avec la bague fine qu’elle portait à l’index droit, les yeux baissés. — Pourquoi moi ? finit par demander Léo. Elle releva les yeux vers lui. Ils brillaient d’un éclat mélancolique. — Parce que tu es au centre de quelque chose que tu ignores encore. — Explique. June croisa les bras sur la table. — Il y a des choses que je n’ai pas le droit de dire. Mais ce que je peux te dire, c’est que ta famille est surveillée depuis longtemps. Pas seulement à cause de ton père… mais aussi à cause de toi. Léo fronça les sourcils. — Tu parles de Jordan ? Qu’est-ce qu’il a à voir avec tout ça ? — Il a fait un choix, il y a des années. Un choix qui lui a valu des ennemis puissants. Il a refusé de collaborer avec… eux. — Qui ça, « eux » ? Tu ne m’as toujours pas dit. June le fixa avec sérieux. — Le Consortium. C’est une organisation. Très influente, très secrète. Ils ont des agents partout. Dans la politique, l’économie, les médias. Ils manipulent ce qu’ils ne peuvent contrôler. Et éliminent ce qu’ils ne peuvent manipuler. Léo secoua lentement la tête, déconcerté. — Pourquoi moi ? Je suis juste un étudiant. Je ne suis pas spécial. — Tu l’es. Tu ne le sais pas encore, mais tu représentes quelque chose. Peut-être un symbole. Peut-être une menace. Je ne sais pas exactement ce qu’ils attendent de toi, mais ils te surveillent, Léo. De très près. Le silence retomba sur la pièce. On n’entendait plus que le léger tic-tac d’une horloge accrochée au mur. — Et toi ? demanda Léo d’une voix plus froide. T’es l’une des leurs, c’est ça ? June resta un moment sans répondre. Puis elle murmura : — J’ai été envoyée pour t’observer. Te tester. Te séduire, peut-être… C’était ma mission. Léo sentit une colère sourde monter en lui. — Donc tout ça, c’était faux ? Ton sourire, ton regard ? Ce billet ? Tu jouais la comédie ? Mais elle secoua la tête, vivement. — Non, pas tout. Je t’ai menti sur certaines choses, oui. Mais pas sur ce que je ressens. Pas sur ce que je suis devenue depuis que je t’ai rencontré. Elle tendit la main vers lui, hésitante. — Je veux t’aider, Léo. Je veux te protéger. Il la regarda, les mâchoires serrées, le cœur battant trop vite. Une partie de lui avait envie de lui faire confiance. L’autre criait au piège. — Et Luna ? lâcha-t-il. June sembla surprise. — Quoi, Luna ? — Elle aussi est étrange. Elle cache des choses. Elle a reçu un appel, elle a changé d’attitude. Tu la connais ? June détourna les yeux. Son silence en disait long. — Dis-moi la vérité, June. Elle murmura, presque inaudible : — Elle aussi est liée. D’une façon différente. Je n’en sais pas plus. Mais fais attention à elle. Léo se leva lentement. — Je ne sais pas qui croire. — Crois en toi, répondit-elle avec une tristesse sincère. Mais ne reste pas seul. Le vrai danger… ne fait que commencer. Léo sortit du restaurant sans un mot. L’air du soir le frappa au visage comme un rappel brutal de la réalité. Les lampadaires s’allumaient lentement dans les rues calmes de Ligther, et les ombres prenaient possession des trottoirs. Il marchait sans but précis, les mains dans les poches, le regard perdu dans le vide. June. Le Consortium. Sa famille surveillée. Tout cela était difficile à croire. Mais le ton de June, la peur dans ses yeux, sa voix tremblante… Rien de cela ne sonnait faux. Et pourtant, comment faire confiance à quelqu’un qui avait menti dès le départ ? Il s’arrêta au bord du trottoir, regardant les phares d’une voiture passer devant lui. Il repensa à Luna. À sa douceur. À sa sincérité. Était-elle aussi impliquée ? Était-elle, elle aussi, une pièce dans ce puzzle complexe et inquiétant ? Le téléphone de Léo vibra dans sa poche. C’était un message de Fresh. > « Mec t’es où ? Gabriel veut savoir si on se capte au terrain demain. » Léo hésita quelques secondes, puis répondit simplement : > « Ouais, demain. Besoin de dormir là. » Il remit le téléphone dans sa poche et reprit la marche, sans vraiment savoir où il allait. Il avait besoin de réfléchir, de respirer, de mettre de l’ordre dans ses pensées. Lorsqu’il arriva devant chez lui, la lumière du salon était encore allumée. Il poussa la porte discrètement. Gabriel n’était pas dans le séjour. Jordan lisait le journal, comme à son habitude, une tasse de café posée à côté de lui. Élise était assise sur le canapé, absorbée par un roman. Léo passa rapidement devant eux. — Je suis rentré, dit-il simplement. — T’étais chez Fresh ? demanda Jordan, les yeux levés. — Ouais, répondit Léo, sans s’arrêter. Il monta dans sa chambre et ferma la porte. Là, il se laissa tomber sur son lit, bras écartés, les yeux fixés au plafond. Des images défilaient dans sa tête. Le regard de June. Le ton grave de sa voix. « Le vrai danger ne fait que commencer. » Il attrapa son téléphone, hésita… puis ouvrit sa galerie. Il regarda une photo de Luna, prise plus tôt dans la journée. Elle souriait timidement. Rien d’inquiétant à première vue. Mais maintenant, ce sourire lui semblait presque… trop parfait. Il resta ainsi, immobile, jusqu’à ce que ses paupières deviennent lourdes. --- Le lendemain matin, la lumière du jour inonda la chambre. Léo ouvrit les yeux, encore engourdi par la fatigue et les pensées de la veille. Il descendit sans grande énergie. Au salon, Gabriel dévorait un bol de céréales, tout en regardant des vidéos de dunk sur son téléphone. — Yo frérot, t’as dormi comme une pierre, hein ? — Ouais, fit Léo d’une voix rauque. — Prêt pour le match ? Leek nous attend au terrain à dix heures. — Ouais, j’arrive. Élise, qui pliait du linge, sourit doucement en les écoutant. — Allez, ne rentrez pas trop tard. Et soyez prudents. — T’inquiète maman, répondit Gabriel. Les deux frères sortirent un quart d’heure plus tard, chacun habillé en tenue de sport. Le ciel était clair, le soleil déjà haut. Ligther semblait respirer la normalité. Mais pour Léo, rien ne serait plus normal. --- En arrivant au terrain de basket, Leek les attendait déjà, dribblant avec nonchalance. — Ah les gars, enfin ! J’vous croyais pas sérieux. — T’inquiète, on est là, lança Gabriel en lui tapant dans la main. — On fait une partie ? Trois contre trois, si d’autres viennent. — On s’échauffe d’abord, proposa Léo. Il avait besoin de bouger, de se libérer de tout ce qui pesait sur lui. Le ballon, les paniers, les passes… tout cela lui semblait soudain vital. Alors qu’ils jouaient, Léo aperçut une silhouette familière sur le trottoir, de l’autre côté du grillage. Luna. Elle portait une chemise blanche et un jean clair. Elle semblait chercher quelqu’un du regard. Lorsqu’elle croisa celui de Léo, elle lui fit un petit signe de la main, timide, presque hésitant. Il arrêta de jouer quelques secondes. Son cœur battait plus fort. Il lui rendit son signe, sans un mot. Fresh, qui jouait avec eux, s’approcha : — Tu veux pas qu’on fasse une pause et que t’ailles lui parler directement ? Je sens que ça te ronge. Léo hésita… puis hocha la tête. Il sortit du terrain et rejoignit Luna de l’autre côté de la rue. — Tu vas bien ? lui demanda-t-elle doucement. — Je pourrais te poser la même question, répondit-il avec un léger sourire. — J’ai vu ton message. Je voulais te voir. Ils marchèrent un peu, en silence, jusqu’à s’éloigner du terrain. — Luna, dit-il enfin, j’ai besoin de te poser une question. Une question sérieuse. Elle le regarda droit dans les yeux. — Tu peux me demander ce que tu veux, Léo. Il respira profondément. — Qui es-tu vraiment ? Luna resta immobile, figée par la question. Le vent soulevait légèrement ses cheveux, et dans ses yeux, Léo lut une hésitation. Elle cligna plusieurs fois des paupières, puis détourna brièvement le regard. — Tu veux savoir qui je suis vraiment… murmura-t-elle. Pourquoi maintenant ? — Parce que je sens que tu caches quelque chose. Et parce que… je veux te faire confiance, mais je ne peux pas si tu continues à tout garder pour toi. Luna inspira profondément, puis s’assit sur un banc proche. Léo la suivit du regard, puis la rejoignit sans un mot. — Mon vrai nom, c’est bien Luna. Mais je ne suis pas arrivée ici par hasard. Mon père… ce n’est pas un simple homme d’affaires. C’est un stratège, impliqué dans beaucoup de choses que je ne comprends pas entièrement moi-même. On déménage tout le temps. Et moi, je dois juste suivre. — Tu parles de lui comme si tu étais une pièce dans son échiquier, fit remarquer Léo. — C’est ce que je suis, parfois. Il me demande de ne pas parler de lui. De ne pas dire son nom. De ne pas me lier… trop. Elle tourna enfin la tête vers Léo. — Mais avec toi, c’est différent. Je ne pensais pas que je m’attacherais à quelqu’un ici. Je voulais juste… passer inaperçue. Léo la scruta longuement. Il voulait croire en sa sincérité. Il voulait penser qu’elle n’était pas une menace. Mais quelque chose en elle restait flou, comme un puzzle dont il manquerait encore des pièces. — Et ce coup de fil, hier ? Celui qui t’a fait quitter la salle précipitamment. C’était lui ? Luna hocha doucement la tête. — Oui. Il m’a rappelée à l’ordre. Il m’a dit de ne rien dire, de ne rien faire. Mais je ne veux plus lui obéir aveuglément. Je veux choisir mes propres liens, mes propres vérités. Un silence s’installa. Puis elle ajouta, la voix un peu plus tremblante : — Et je veux… te connaître vraiment, Léo. Sans mensonges. Mais j’ai besoin que tu comprennes que je ne contrôle pas tout. Il posa une main sur la sienne, lentement. Elle ne la retira pas. — Tu veux me connaître ? D’accord. Mais plus de non-dits. Plus de secrets. Sinon… on ne pourra rien construire. Luna hocha la tête, visiblement soulagée. — Promis. À ce moment précis, le téléphone de Léo vibra dans sa poche. Il jeta un œil. > Message de June : « Ne reste pas seul avec elle. Le Consortium ne recule devant rien. » Il sentit son cœur se serrer. Luna lisait déjà l’inquiétude dans ses yeux. — C’est quoi ? demanda-t-elle. Léo rangea lentement le téléphone. — Rien d’urgent. Juste… quelqu’un qui veut me protéger, peut-être trop. Luna sourit faiblement. — Je peux comprendre ça. Ils restèrent ainsi un moment, côte à côte, dans le silence du petit parc. Deux jeunes qui se frôlaient à la lisière du danger, sans savoir exactement de quoi demain serait fait. --- Un peu plus tard dans la journée, Gabriel et Leek, eux, profitaient encore du terrain de basket. Les éclats de rire fusaient à chaque panier réussi, chaque passe ratée, chaque chute comique. Ils s’amusaient, insouciants. — Je t’ai dit que j’allais te battre aujourd’hui ! cria Leek en enchaînant un dribble rapide. — Même pas en rêve ! répondit Gabriel en tentant un contre. Mais dans un coin discret du terrain, une voiture noire s’était garée. Deux hommes en costume en sortirent, lunettes noires, oreillettes. Ils observaient. Silencieux. Presque invisibles. Dans l’un de leurs micros, une voix grave résonna : — Cible numéro 2 confirmée. Observation en cours. Instructions en attente. À l’intérieur de la voiture, un dossier portait le nom : « Gabriel Leger – Frère cadet. À surveiller. » La nuit était tombée sur Ligther, recouvrant la ville d’un voile sombre parsemé de néons et de lumières orangées. Léo marchait seul sur le chemin du retour, les écouteurs enfoncés dans les oreilles, mais aucune musique ne parvenait vraiment à couvrir le vacarme dans sa tête. Les révélations de Luna. L’avertissement de June. Le silence de son père. Il rentra chez lui plus tard que d’habitude. Le salon était plongé dans une semi-obscurité. Jordan regardait les infos à la télévision. Léo passa devant lui sans dire un mot, mais au moment de monter l’escalier, son père l’appela doucement. — Léo ? Il s’arrêta, la main sur la rambarde. — Oui ? Jordan éteignit la télé. Il paraissait fatigué, usé même. — Il faut qu’on parle. Léo redescendit lentement, s’assit sur le fauteuil en face de son père. Pendant un instant, aucun mot ne sortit. Jordan se massa les tempes avant de parler. — Tu es jeune, mais tu n’es pas naïf. Tu sens sûrement que quelque chose cloche. Dans cette ville. Dans notre famille. Et tu as raison. Léo le fixait, tendu. — Papa… qui est le Consortium ? Le visage de Jordan se crispa aussitôt. Il serra les dents, le regard soudain dur. — Qui t’a parlé d’eux ? — C’est vrai alors ? souffla Léo. C’est pas juste un délire ? — Non, ce n’est pas un délire. Et si quelqu’un t’en a parlé… alors ils sont plus proches que je ne le pensais. Jordan se leva et alla fermer les volets. Il verrouilla la porte, puis revint s’asseoir. — Écoute-moi bien, Léo. Ce que je vais te dire, tu ne dois en parler à personne. Pas même à Gabriel. Léo acquiesça lentement. — Il y a des années, j’ai été approché. Le Consortium voulait que je mette mes entreprises au service de leurs plans. Financer certaines opérations, faire pression sur des dirigeants, étouffer des scandales. J’ai refusé. Ils m’ont menacé. Puis ils ont disparu. Enfin… je le croyais. Il marqua une pause, les mains jointes. — Je crois qu’ils reviennent. Et s’ils t’ont repéré, alors tu es en danger. Léo sentit sa gorge se nouer. — Et Luna ? Tu la connais ? Jordan haussa un sourcil. — La fille que tu fréquentes ? Non. Mais si elle a des liens avec eux… méfie-toi, Léo. On ne peut faire confiance à personne. Pas complètement. Un long silence s’étira entre eux. Puis Jordan reprit, d’un ton grave : — Tu vas devoir faire des choix. Et ces choix auront un prix. Léo hocha la tête. Il comprenait. Une page était en train de se tourner dans sa vie. --- Pendant ce temps, dans un appartement en centre-ville, June se tenait devant sa fenêtre, téléphone en main. Elle observait la rue, nerveuse. Une voix féminine, calme et ferme, sortit de l’appareil. — Tu as parlé à Léo ? — Oui, répondit June. Il sait maintenant. Il doute, mais il commence à voir clair. — Très bien. Continue à le suivre. Gagne sa confiance. Nous devons le protéger sans qu’il ne s’en rende compte. June acquiesça, bien que la personne au bout du fil ne puisse la voir. — Et Luna ? demanda-t-elle. Un bref silence, puis : — Luna est instable. Elle n’a pas encore trahi, mais sa loyauté n’est pas assurée. Si elle devient un risque… neutralise-la. June ferma les yeux. Son cœur se serra. — Je comprends. Elle raccrocha, puis se laissa glisser contre le mur. Ses mains tremblaient. — Qu’est-ce que je suis en train de faire… --- À quelques kilomètres de là, dans une pièce plongée dans l’obscurité, une réunion avait lieu. Des silhouettes entouraient une table circulaire. Une voix grave, presque mécanique, résonna : — Le Fils de Jordan Leger a reçu l’avertissement. Il a rencontré la serveuse. Il a parlé à la fille. Les trois pièces sont alignées. Une autre voix, plus aiguë : — La mission est prête. Qu’attendons-nous ? La première reprit : — Qu’il choisisse. Léo Leger est à la croisée des chemins. Puis, dans une synchronisation glaciale, tous les membres de la salle répétèrent en chœur : — Qu’il choisisse.
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