Assise dans la chambre de mon beau-père, avec la Reine Béatrice, nous nous adonnons à notre nouveau rendez-vous journalier : la lecture. Nous venons t'entamer les aventures du Petit Poucet. Adélaïde : " Il vint une année très fâcheuse, et la famine fut si grande, que ces pauvres gens résolurent de se défaire de leurs enfants. Un soir que les enfants étaient couchés, et que le bûcheron était auprès du feu avec sa femme, il lui dit, le coeur serré de douleur. " dis-je calmement, laissant place à la réplique de la Reine. Béatrice : " Tu vois bien que nous ne pouvons plus nourrir nos enfants; je ne saurais les voir mourir de faim devant mes yeux, et je suis résolu d'aller les perdre demain au bois, ce qui sera bien aisé, car tandis qu'ils s'amuseront à fagoter, nous n'avons qu'à nous enfu


