– Avez-vous faim, Adèle ? – Mais oui, mademoiselle ; voilà cinq ou six heures que nous n'avons pas mangé. – Eh bien, pendant que les dames sont dans leurs chambres, je vais me hasarder à descendre, et je tâcherai d'avoir quelque chose. » Sortant avec précaution de mon asile, je descendis l'escalier de service qui conduisait directement à la cuisine. Tout y était en émoi ; la soupe et le poisson étaient arrivés à leur dernier degré de cuisson, et le cuisinier se penchait sur les casseroles, qui toutes menaçaient de prendre feu d'un moment à l'autre ; dans la salle des domestiques, deux cochers et trois valets se tenaient autour du feu ; les femmes de chambre étaient sans doute occupées avec leurs maîtresses ; les gens qu'on avait fait venir de Millcote étaient également fort affairés. Je


