Chapitre 18Les bergers, comme les marins, ou les commis voyageurs, connaissent toujours une ville où existe quelqu’un capable de leur faire oublier le plaisir de courir le monde en toute liberté. Paulo COELHO – L’alchimiste Le déguisement que m’a fourni Baudouin est très efficace : je suis trop visible pour qu’on soupçonne en moi un prisonnier fugitif. Des policiers passent et repassent près de moi sans s’attarder. Parfois, par réflexe, je me cache derrière mon appareil photo et je les observe. Ils scrutent les passants pauvrement vêtus, ceux qui se tiennent derrière des arbres ou dans des renfoncements, donnant l’impression de chercher à se dissimuler. Moi, je marche au milieu du trottoir, avec la nonchalance du touriste, un sourire béat aux lèvres, sortant le ventre, les pieds en évent


