RobinsonQui de nous n’a pas été un peu victime de Robinson ? Qui n’a pas rêvé son petit naufrage et son île déserte ? L’île déserte, avec le canot, la chasse, son château, ses vignes, du tabac, du melon, la liberté ! Mon Dieu ! de 10 à 13 ans, que j’ai donc souvent prié le ciel de m’égarer ! – Je ne m’aventurais jamais dans la basse ville ou hors la barrière que muni de tout ce qui peut être utile à un naufragé. Ficelle, aiguilles, hameçons, ce qu’il faut pour écrire ; un briquet, de peur de ne pouvoir faire de flamme en frottant les morceaux de bois. J’ai passé des journées, – vous aussi, allons ! – à frotter ! des copeaux l’un contre l’autre pour avoir du feu, sans obtenir jamais que des ampoules. On mouillait sa chemise, on suait, on soufflait, il n’y avait que le bois qui restait fro


